Vaccin : nous ne sommes jamais satisfaits ! Mais avons-nous vraiment raison ?

Les uns se plaignent que la mise au point d’un vaccin Covid19 ne va pas assez vite alors que pour d’autres, il est suspect et inacceptable de mettre sur le marché un tel vaccin en moins de deux ans

Rappelons-le : la mise au point d’un vaccin ou d’un médicament demande au moins trois à cinq ans de tests cliniques. Elle doit remplir de nombreux autres critères demandant une très longue procédure en termes de recherche, d’efficacité, d’étude des effets secondaires avant d’être présenté à l´Agence des Brevets Européens à Munich.

À cela s’ajoutent encore l’enregistrement d’un brevet afin de protéger la découverte pharmaceutique, la mise en place de la chaîne de production et de fabrication, etc. Bref, un investissement humain, financier incommensurable. Alors que l’horloge tourne et l’urgence frappe à notre porte tous les jours. Là réside le dilemme.

Summa summarum, c’est un sacré paquet d’argent !

Nous parlons alors de plusieurs centaines de millions d’Euro et de Dollar d’investissement. Je peux en témoigner, ayant moi-même travaillé dans la recherche et la mise au point de médicaments pour le traitement de maladies tropicales telles que la malaria, la leishmaniose ou encore la trypanosomiase. Des maladies qui tuent et qui font des centaines de milliers de victimes aussi bien dans le monde animal qu’humain.

Cela demande des années pour amortir ce qui a été investi. Aujourd’hui nous dépassons le milliard de dollars pour développer un vaccin, ce qui est totalement démentiel en rapport avec les sommes engagées pour d’autres recherches vaccinales dans le passé.

L’aide des États et de l’Europe est essentielle.

La montée exponentielle des coûts d’investissements dans la recherche, les coûts exorbitants dans le respect de normes strictes garantissent la puissance des principes actifs, la qualité et la pureté des produits finis. Un tel investissement ne peut pas être assuré seul par des petites et moyennes entreprises ou laboratoires pharmaceutiques sans qu’ils puissent obtenir une aide étatique. C’est souvent le cas aux États-Unis, en Chine, c’est le cas en Europe aussi.

Petit clin d’œil à devoir également évoquer la dangerosité du transfert technologique, un risque loin d’être anodin puisque qu’il nous amène à une dépendance. Beaucoup de laboratoires et géants pharmaceutiques ont entretenu à grande échelle ce transfert de technologies, de savoir pendant des décennies. Pour des raisons simples : financières, certes, mais surtout éviter des réglementations et des normes trop contraignantes à respecter. Le pourquoi durant la première vague de la Covid-19, de nombreux médicaments élémentaires comme contre le diabète, l’hypertension étaient introuvables. J’en ai fait la terrible expérience à mes dépens.

À tous ceux qui aujourd’hui protestent et critiquent la rapidité ou le manque de prudence ….

Ils peuvent avoir totalement confiance dans la décision de l’Agence Européenne du Médicament de prendre son temps avant d’accorder la mise sur le marché (AMM) d’un vaccin ou d’un médicament. Il s’agit d’une décision qui impacte la santé et la vie la vie de patients que nous sommes devenus du fait de la pandémie. Nous sommes devenus, tous, sans exception des patients mais nous ne sommes pas cobayes pour un quelconque groupe pharmaceutique. Les règles de pharmacovigilance consistent en premier lieu à protéger la vie et rien d’autre.

Je salue alors la franchise de certain groupe pharmaceutique de faire preuve d´une grande honnêteté en informant es autorités et le public des raisons du retard de la mise sur le marché de leur vaccin. Cela démontre le respect d’une certaine déontologie qui est de sauver des vies humaines avant tout.

Crédit image : Image par PIRO4D de Pixabay

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