Un tandem réformateur se profile en Allemagne malgré une coalition sans renouveau politique ambitieux.

Les accords tout récents sur la Grande Coalition en Allemagne devraient relancer le tandem franco-allemand. Macron avait tendu la main, il reçoit une réponse. L’Europe soupire, mais pour combien de temps encore ?

L’Europe aurait-elle su fédérer les protagonistes conservateurs et sociaux-démocrates dans ces négociations, qui auront été tout sauf de la routine ? La réponse semble être claire : oui. Construire un programme commun n’est pas une mince affaire alors qu’il existait tant de divergences dès le départ. Rappelons-le, Martin Schulz annonçait au soir du 25 septembre 2017 haut et fort que le SPD se rangerait du côté de l’opposition.

L’Europe aura eu le mérite de relancer une situation confuse devant un effacement politique allemand marquant. Comme si elle était la seule à apporter une valeur refuge sur laquelle tout politicien peut compter. Soyons clair néanmoins, les accords de coalition n’apportent aucun renouveau politique en Allemagne.

Or, c’est peut-être là que le bât blesse. Les avancées sont minces, peu ambitieuses politiquement parlant.

Dans ces conditions, elles ne sont pas synonymes d’un renouveau majeur, mais plus d’une politique du « Weiter so… ». Les perdants de septembre dernier sont les acteurs du nouvel acte. Bien de ces protagonistes se trouvent en délicatesse avec leur famille politique. Difficile dans ces conditions d’insuffler un nouveau souffle.

Deux changements majeurs se dessinent cependant. Martin Schulz aux Affaires Étrangères et Olaf Scholz aux Finances. Deux signes qui ne trompent pas en termes d’un choix politique plus européen.

L’arrivée du maire d’Hambourg devrait marquer une rupture claire avec la ligne très conservatrice de son prédécesseur. Il faut comprendre entre les lignes une politique volontariste en termes d’investissements structurels, en termes de budget d’investissement pour la zone Euro mais aussi la fin possible du « Spardiktat », celle de l’austérité. Une approche modérée qui devrait plaire et séduire sans aucun doute. Mais qui ne résout rien encore.

Cinq pages sur cent-soixante-dix-sept, c’est la part accordée au sujet européen dans l’accord de coalition. Une bien mince consolation donc face à des dossiers européens cruciaux, comme la réforme de l’asile, non statués à ce jour. C’est donc bientôt la fin aussi de la paralysie politique en Allemagne, la fin d’un suspens qui n’aurait jamais dû avoir lieu.

Le temps de négocier va bientôt commencer alors que de nombreuses difficultés s’annoncent déjà à l’horizon.

Les substantielles propositions de réformes, en premier lieu pour l’Eurozone, devraient être abordées sous un nouvel angle. Le tandem franco-allemand redeviendra sans aucun doute la motrice pour une Europe forte, innovante et nouvelle. Une approche qui ne peut pas nous déplaire. La réponse de Berlin est enfin bien là.

Toutefois, il nous faut être conscient qu’un problème générationnel à court ou à moyen terme se posera en Allemagne. Bien qu’activement présente, la Vieille Garde, que sont Merkel, Schulz et Seehofer, fait déjà partie du passé d’aujourd’hui. En clair, cela signifie que nous devrons identifier rapidement les possibles nouvelles figures mais aussi accompagner l’émergence de mouvements citoyens que nous ne soupçonnons peut-être pas encore.

L’autre difficulté sera l’opposition que l’AfD mènera contre les projets de réformes européens au sein du Bundestag. Cela limitera les marges de manœuvre des trois partenaires de la CDU, CSU. Leur engagement d’apporter un tribut financier au budget européen plus important promet des débats houleux et serrés. Toute décision immature risque alors d’ouvrir la voie vers plus de populisme, un scénario à éviter à tout prix donc. Pour l’Allemagne, pour l’Europe.

La troisième et dernière difficulté est formelle : C’est le vote que les membres du parti SPD devront donner, pour ou contre. C’est donc du 20 février au 2 mars prochains que les 463.723 membres du parti sont appelés à se prononcer. Le dépouillement étant, les résultats du scrutin seront connus le 4 mars.

L’accord de coalition n’est pas parfait, la perfection n’existe pas en la matière, restons francs et sincères sur ce point.

Il permet néanmoins de remettre le pied sur le pédalier et de reprendre la course. Surtout, il ne s’oppose pas frontalement à nos propositions.

Il sera difficile de rattraper tout le temps perdu depuis septembre dernier. Une chose est sûre, le tandem réformateur devrait fonctionner et mener sa tâche à son terme.

Eine Antwort auf „Un tandem réformateur se profile en Allemagne malgré une coalition sans renouveau politique ambitieux.“

  1. En conclusion à cet excellent article de Tanice, j´aimerais ajouter mon commentaire accompagné du dernier article publié le 5. Février 2018, dans le Süddeutsche Zeitung, écrit par le journaliste Heribert Prant, sous le Titre „ Union und SPD – Die Koalition der Verlierer“ …

    Finalement après une longue et douloureuse grossesse de plusieurs mois,l´accouchement a donné naissance à une nouvelle GroKo.

    Relisant la presse Allemande, nous constatons que cette naissance d´une nouvelle GroKo se heurte aux critiques de nombreux hommes politiques ainsi que de nombreux adhérents/es de la base du SPD comme le Porte-parole et jeune chef Kevin Kühnert des jeunes socialistes du SPD, les « Jusos ». Il cherche à convaincre les adhérents de rejeter à la prochaine consultation, le contrat de coalition avec la CDU/CSU, et SPD.

    De même que la presse comme dans le présent article soulève de nombreux points et questions posées dans cet article par le journaliste Heribert Prant :
    SZ: „Würde Emmanuel Macron so ein Programm präsentieren, wie es CDU, CSU und SPD gerade ausgehandelt haben: Es würde wohl allgemein mit Respekt aufgenommen. Von frischem Wind wäre die Rede, vom Einstieg in die digitale Moderne, von einem Programm, auf das die Gesellschaft schon zu lange habe warten müssen. Da und dort würde kritisiert, dass die Konzepte nicht weit genug gingen. Aber Macron würde den echt oder vermeintlich fehlenden Mut durch Leidenschaft ersetzen und er würde das Große im Kleinen darlegen.

    On peut se poser effectivement la question, pourquoi le SPD et le candidat Martin Schulz durant la campagne électorale ne se sont pas inspirés de la campagne pro-européenne du Président E. Marcon ? Comment s´imaginer à la prochaine consultation de la base des délégués du parti SPD, mais aussi par le mouvement des jeunes socialistes (Jusos) et le chef des jeunes sociaux-démocrates allemands Kevin Kühnert, qui a refusé de soutenir cette action. D’autant qu’en cas de résultat négatif au sondage sur la coalition avec la CDU/CSU, les nouvelles élections deviendraient inévitables.

    Et dans le cas où de nouvelles élections seraient inévitables après un vote négatif des délégués du SPD, je me permettrai de citer un passage de l´article du SZ paru le 5 Février :

    SZ: « Merkel, Schulz und Seehofer gelten nicht als Protagonisten der Zukunft, sondern der Vergangenheit. Sie wirken, als glaubten sie selbst nicht an das, was sie da tun. Wie ein Macron das Koalitionsprogramm anpreisen würde« .

    La prochaine consultation risque, d´influencer négativement le vote des délégués du SPD en renforçant la position des frondeurs des « Jusos » si effectivement Mr. Martin Schulz va prendre le poste prestigieux du prochain Ministre des Affaires étrangères.

    Après ses faux-pas de dance effectués, les changements de tactique lors de la campagne électorale, son manque d´enthousiasme pour évoquer l´Europe et ses divers acquis dans différents domaines qui rend la vie plus facile aux citoyens européens/nes au sein d´une Europe démocratique, offrant un havre de paix depuis plus de 70 ans. En tant qu´ex- Président du Parlement Européen, Il a laissé passer cette chance, de mieux faire connaître aux citoyens/nes Allemands/es, les avantages de cette Union Européenne, qui sans aucun doute la construction est inachevée, est aussi imparfaite.
    Toutefois, cette UE rejetée par certains, connaissant mieux que personne les maux et problèmes dont souffre l´UE, aussi par son élargissement trop hâtif de l’UE vers l’est, l´ex-Président du Parlement Européen, aurait pu répondre aux questions auxquelles les citoyens/nés attendent des explications, une réponse à leurs anxiétés.

    Le candidat Martin Schulz aurait pu les aborder. Il aurait pu évoquer tous les acquis qu´offre l´UE et ainsi faire obstacle au courant nationaliste comme l´AfD et autres opposants de l´Union Européenne.

    Les perpétuelles hésitations des élites entre  » petite  » et  » grande  » Allemagne plongent leurs racines dans un très ancien passé et ne s’estompent vraiment que dans la seconde partie du XXe siècle à travers la construction européenne. Toutefois, certains citoyens Allemands que nous pouvons estimer entre 15 -20%, se laissent séduire, s´inspirent du rêve estompé de l´Empire de 1871 ! Même s´il s´agit d´une minorité d´extrémistes rêveurs d´un passé nationaliste révolu, ils sont aujourd´hui 92 députés de l´AfD siégeant au Bundestag ! Cela est un évènement à ne pas sous-estimer !

    Ne tombons pas dans le pessimisme et dans la critique systématique qui est malheureusement un réflexe médiatique. Supposons objectivement qu´il n y a aucune autre alternative à une grande coalition car les problèmes actuels sur la scène nationale et internationale ne nous permettent pas d´avoir un gouvernement instable surtout avec la première puissance économie en Europe.

    Cela est primordial pour la survie de l´Union Européenne que tous les 27 pays de l´Union Européenne, soient solidaires!

    D´autres problèmes vitaux pour la survie de l´UE, est sa solidarité bafouée par certains pays profitant des dons et financement des fonds Européens (ESI). Il grand temps que la France et l´Allemagne redeviennent le moteur de l´UE afin de mettre de l´ordre dans le fonctionnement des institutions. Il faut demander à la commission européenne de fixer des règles pour sanctionner les pays qui ne respectent pas les valeurs et droits fondamentaux de l´UE, comme cela est le cas avec la Pologne, Hongrie, supprimer ou geler les Fonds structurels et d’investissements européens (« Fonds ESI »).

    La France veut conditionner les fonds européens au respect de l’Etat de droit. C´est maintenant possible avec la prochaine constitution du gouvernement de la « GroKo » et avec le gouvernement du Président E. Macron d´introduire de nouvelles propositions et directives auprès de la Commission et Parlement Européen.

    Étudier aussi la possibilité d´écarter certains pays de l´UE ou geler leur partenariat. Si effectivement Mr. Martin Schulz devient le nouveau Ministre des Affaires Étrangères, en tant qu´ancien Président du Parlement à Strasbourg, il aura du « travail sur la planche » en résolvant ce conflit latent avec les pays « Visegrád », de relancer les réformes proposées par le Président E. Macron, mais cela pourrait-être une chance unique de pouvoir redorer son image actuellement ternie !

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