Face à la perfidie de la mondialisation, nous allons devoir détricoter…

Un simple virus, inconnu mais puissant, chamboule l’équilibre mondial. Il révèle aussi notre dépendance économique et stratégique.

Aucun acteur économique ou politique – si puissant soit-il – n’est en mesure de saisir, à lui seul, l’échelle mondiale dans son ensemble. Le coronavirus lui l’a fait. Les effets de l’épidémie sont naturellement avant tout humains.

Restons humbles et reconnaissons notre impuissance

Ils sont aussi économiques et sociaux : l’économie mondiale s’est mise en panne, délibérément. Du jamais vu dans l’histoire de la science économique. Le coronavirus a enfin un impact politique fort. L’impact stratégique sera lui encore plus important. Le virus a éclipsé nombre d’enjeux, relayé des mouvements sociaux majeurs, souvent trop violents, dans les faits divers et relégué des réformes courageuses dans le fond d’un tiroir.

Difficile de reprocher une certaine forme de fébrilité étatique quand il faut ménager l’union et la cohésion nationale. C’est dans de tels moments que nous réapprenons le mot solidarité et comprenons ce que ce mot induit. Il s’ensuit une exceptionnelle mobilisation régionale, nationale, européenne et internationale. Cela n’efface pourtant pas notre impuissance, loin de là, elle met notre dépendance en lumière.

La mondialisation est-elle le fruit d’une irresponsabilité générale ?

Les anti-mondialistes ont-ils le droit de crier victoire ? Loin s’en faut, il se font aujourd’hui discrets. La course à la performance, à la compétitivité de ces quatre dernières décennies est une forme contemporaine de mondialisation. Or, l’internationalisation des échanges est séculaire. La défragmentation des chaînes de valeurs, telle que pratiquée à grande échelle, elle, est nouvelle. Elle conduit à une interaction massive entre les maillons de la chaîne de valeurs. Leur résilience n’a jamais été remise en question parce qu’admise par principe, aucune mise à l’épreuve est proposée.

Enfin si, maintenant, avec tous les dommages collatéraux que l’on découvre au gré des nouvelles empiriques.

Un maillon saute, c’est le suivant qui ne fonctionne plus, et ainsi de suite. La farandole des dominos fous commence alors : les masques et les places de réanimation se font denrée rare, la pénurie d’anti-inflammatoire s’étend, celle de curare naît. Notre irresponsabilité est de ne pas avoir mis à temps des garde-fous et de rentrer les yeux fermés dans la dépendance des maillons de la chaîne. Nous avons simplement délégué. Trop sûrement même.

La reprise en main stratégique s’impose.

Emmanuel Macron a très bien résumé le 12 mars dernier. Des biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle.

Quand commençons-nous à détricoter ?

Crédit image : Sophie Janotta de Pixabay

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