Ces oubliés de la vie matérielle sont ceux qui aujourd’hui font fonctionner le pays.

La course effrénée de ces dernières décennies, à la productivité, à la rentabilité, nous a simplement fait oublier une chose essentielle : le lien étroit entre la santé et l’économie.

Quelques semaines suffisent à mettre à terre un pouvoir colossal.

Les institutions nationales et internationales sont mises à mal. Finis les éditoriaux sur les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis ou sur le nucléaire iranien. Oublié le désastre humanitaire aux portes de l’Europe ou le déficit budgétaire encadré.

Un ennemi invisible, perfide a arrêté le cœur de notre civilisation, la liberté. Il ne veut connaître aucune frontière. Notre vie de tous les jours se réduit à quelques mètres carrés, le luxe étant aujourd’hui d’avoir un balcon, mieux encore un jardin. Les gestes les plus simples, entre amis, entre parents, sont devenus des risques et des dangers pour chacun de nous.

Notre vie se résume au strict minimum. Nous apprenons un nouveau vocabulaire comme la distanciation sociale. Nous expérimentons la sociabilité de substitution qu’offre internet et ses dérivés numériques. Le télétravail acquiert ses lettres de noblesse.

La pandémie va causer des dommages économiques incommensurables.

Tout le monde s’accorde dès hier à défaut d’aujourd’hui sur cette évidence qui nous saute aux yeux. Crise existentielle pour les artisans, les professions libérales, chômage partiel en France, en Allemagne, chômage de masse aux États-Unis. Le festival des mauvaises nouvelles ne fait que débuter. Le principe de causalité sera respecté cette fois encore.

Une minorité d’entre nous assure le fonctionnement vital de notre société.

Ceux-là même oubliés dans la course à la productivité, ceux-là même victimes des dérégulations, des économies et des coupes budgétaires.

Ce sont pourtant ceux-là qui, aujourd’hui, assument un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, sont assurés. Se rendre sur leurs lieux de travail est souvent devenu synonyme d’appréhension.

Leurs visages nous sont si familiers : éboueurs, caissières, chauffeurs routiers, livreurs de pizza, enseignants, agriculteurs, éleveurs, maraîchers, boulangers, facteurs, soignants et bien d’autres encore. Mais elles et ils sont là !

Prenons alors conscience que le monde d’après devra leur rendre dignement hommage et reconnaissance.

Crédit image : Image par Gerhard Bögner de Pixabay

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