Climat social et la violence, ce malaise qui se généralise.

L’actualité de ces dernières semaines nous rappelle que la violence s’invite tous les jours au menu d’un climat social que tout le monde décrit comme un malaise profond. Ce gros désaccord, hélas récurrent, est en réalité une crise de la représentation politique.

Le monde futur sera multipolaire.

Il n’est pas sûr cependant que l’Europe pourra en rester un centre majeur. C’est ce que François de Closet écrivait déjà en 1984. Il évoquait que la guérison de « l’inégalopathie » française suppose un diagnostic correct, débouchant sur un traitement approprié . Une épreuve de vérité rude quand il s’agit de corriger les inégalités, sous couvert de justice sociale, dans un monde fort corporatiste. Il poursuit en arguant qu’en France, l’égalitarisme est rejeté, sous toutes ses formes, et que l’inégalité n’est condamnée que dans ces outrances.

Remplacer la règle du hors-jeu par une règle du jeu.

Ne laisser personne à l’abri de la bataille et exclure personne des récompenses. Une société de la carte forcée laisse la place à une société à la carte choisie.
Le risque cependant est d’acculer à la révolte une population rejetée hors du système, à une protestation qui ne prendra aucune forme légale. Alors la tentation devient irrésistible de recourir au plus désespéré de tous les arguments : la violence.

Trivialiser la violence aujourd’hui.

Ce scénario, que Closet annonçait 35 ans auparavant, est bien là. Malheureusement.
Qu’on le veuille ou non, la violence fait partie du paysage quotidien. Elle va plus loin qu’un mécontentement social latent. De Gaulle le nommait la « chienlit sociale ». Jean-Claude Mailly le rappelait encore en 2015 quand il disait « quand on fait du libéralisme économique, cela s’accompagne d’un autoritarisme social. L’austérité est suicidaire socialement, économiquement et démocratiquement ».

Alors quand l’émotion prime sur le sens, la colère se manifeste par la violence verbale mais pire, aussi physique. Elle devient le symbole d’une démocratie qui ne fonctionne pas correctement, elle bafoue honteusement l’ensemble de la représentation nationale. La vingtaine de permanences LaREM taguées, dégradées, vandalisées, emmurées est un exemple de ce que la France devient. Bien trop souvent à visage couvert.

Face à la violence, dialogue et compromis sont les seules armes convenables.

L’homme réduit son inconfort psychologique en recherchant une adéquation entre son comportement et son opinion, par exemple en cherchant à réduire sa dissonance en niant sa responsabilité pour l’acte réalisé. Le simple fait de s’attribuer moins de responsabilité dans la réalisation de l’acte problématique réduit voire élimine la dissonance. Dans ces conditions, répondre à cette violence par la violence serait alors insensé et irresponsable.
Mettre fin au dialogue est pourtant impensable. La société démocratique ne peut se gérer que dans la culture du compromis et du dialogue.

Cela induit un état de droit. Cela impose la responsabilité et le respect des engagement pris.

C’est surtout l’existence de corps intermédiaires représentatifs dans la sphère politique (les partis), dans la sphère sociale (les syndicats) et même dans la vie économique (les lobbies, les associations de clients, consommateurs, actionnaires ou les ONG).

Un projet politique se fond sur un jeu social, adapté à un monde difficile et turbulent. Le principe de base est de faire participer tous les Français aux contraintes, servitudes, mais aussi aux fruits et récompenses. La tolérance sociale doit exister car derrière se trouve la complémentarité qui est en quelque sorte notre force.

Un projet politique, c’est celui de mettre fin au clientélisme électoral avec toutes ses lourdeurs et la rigidité du corporatisme. C’est également celui de rassembler une France divisée, de mettre la solidarité à l’ordre du jour et d’offrir des perspectives perceptibles. C’est surtout redonner à la représentation politique la place légitime qui lui revient.

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