Replacer l’Europe au centre du débat

Après des débuts difficiles, parfois mouvementés mais souvent atones, la campagne pour les élections européennes s’est brutalement accélérée depuis le début de la semaine. Elle replace l’Europe au centre du débat. Il en était grand temps.

La démarche semblait agaçante et peu énergique pour nombre de militants, avides d’en découdre sur le terrain mais dépourvus des outils indispensables. C’est le moment où le militantisme affronte la lenteur des décisions et souvent l’amateurisme dans ses actions. Alors, le choix du 9 mai pour annoncer le programme est subtil car il recadre bien le sujet majeur que nous suivons. Mais le metteur en scène ne s’arrête pas là heureusement.

Replacer l’Europe au centre du débat en misant sur les ténors.

Dans la foulée, il mise sur Strasbourg pour y effacer cette période d’incertitude. Il met en avant les enjeux électoraux européens du 26 mai prochain. Le temps nous est compté ne l’oublions pas.

La particularité franco-française est celle cependant de devoir dégrader et reléguer le thème européen à un débat purement national. Car, pour nos détracteurs, ce n’est pas de l’Europe qu’il s’agit, mais bel et bien de sanctionner ou pas la politique présidentielle après deux ans de mandature. Difficile de jongler alors entre les enjeux européens et nationaux. Alain Lamassoure aime alors à rappeler que « la vie politique nationale et la vie politique européenne c’est aussi différent que le jeu de dames et le jeu d’échec ».

Quel serait l’intérêt d’affaiblir le président de la République, alors que c’est lui qui défend nos intérêts en Europe ?

Jean-Pierre Raffarin

Pour réussir en Europe, il nous faudra aussi réussir en France. À regarder les sondages souvent contradictoires, le coude-à-coude est serré et la partie est loin d’être acquise. Nous ne creusons pas l’écart.

 » S’il y a une victoire claire et nette de la liste que soutient le président de la République, il ressortira renforcé pour peser en Europe , … , et pour que la France soit forte, il faut que le président soit fort. « 

Franck Riester
Le risque de l’abstention et le désamour des jeunes pour le scrutin européen, deux composants que nous ne maîtrisons pas.

Le taux de participation est historiquement l’un des plus bas en France en termes de scrutin. Malheureuse constatation. Que dire alors de ce désamour des jeunes alors même qu’ils sont encore trop nombreux à se méfier de l’Europe. Alors même que beaucoup d’entre eux méconnaît les fonctionnements et ses domaines d’action. Les jeunes peinent à mesurer son impact sur leur quotidien.

Pourtant, c’est ce même Alain Lamassoure qui nous affirme que le Parlement européen est maintenant un lieu de décision et que le modèle européen est le seul à essayer de concilier la liberté et la justice sociale. Il ne parle dans la théorie, mais bien de son expérience, histoire de nous ouvrir la voie vers un horizon prometteur.

Alors, quand la défiance prime sur la confiance, il faut espérer que leur indécision les amènera à changer d’avis rapidement dans les prochains jours. Pour cela, il nous faudra attirer les jeunes et les séduire quant au bien-fondé de notre projet européen. Ii faudra leur offrir des perspectives.

Le compte à rebours a débuté depuis longtemps.

La campagne officielle débute aujourd’hui cependant. Rien n’est perdu mais nous devons redoubler nos efforts et mobiliser nos forces. L’exercice de Strasbourg y contribue. Les ténors sont rentrés dans le jeu et pèsent de tout leur poids dans le projet Renaissance.

Le projet dévoilé est innovant, fédérateur : réunir autour de la liste Renaissance tous les alliés, tous les démocrates, progressistes, libéraux, centristes, réformateurs, qui veulent essayer de réformer l’Europe après le 26 mai. Du jamais vu car il s’agit d’une démarche transnationale, des quatre coins de l’Europe. Ensemble, ils veulent donner un nouveau souffle, une nouvelle énergie, un nouveau cap à l’Union européenne.

 » Avoir des gens qui viennent des quatre coins de l’Europe, c’est exactement ce que nous voulons : une Europe unie. Les populistes cherchent ce qui nous divise, nous au contraire, on cherche ce qui nous rassemble . « 

Eva Poptcheva, candidate de Ciudadanos

En devenant alors une force incontournable pour bâtir une majorité au Parlement européen, la liste Renaissance se donne pour but de casser la domination exercée par le Parti populaire européen (PPE, centre-droit) et les Socialistes et démocrates (SD) dans cette institution depuis quarante ans.

Le pari est loin d’être insensé. Il incarne un excellent moyen de relancer une volonté politique européenne coincée entre le détricotage nationaliste des populistes et la politique de l’autruche qui prône le statu-quo.

La modestie de la liste pourrait devenir une gageure car des pays clés comme l’Allemagne et la Pologne manquent à l’appel. Aujourd’hui. Espérons alors que l’initiative fera boule de neige et saura persuader les partenaires potentiels mais encore réticents. Nous voulons rassembler autour d’un programme de refondation de l’Europe, au-delà des appartenances politiques.

Je ne veux pas avoir la gueule de bois le 27 au matin !

Je partage pleinement cette déclaration de Jean-Yves Le Drian. Replacer l’Europe au centre des débats est et doit être notre priorité dans les deux prochaines semaines. Ne nous laissons pas effrayer par les peurs agitées par les nationalistes et les démagogues, défendons l’Europe du multiculturalisme. C’est bel et bien le centre du débat.

Le projet Renaissance mise sur la refondation de l’Europe. Il a tous les atouts pour rassembler, pour séduire les indécis et motiver la jeunesse désenchantée. Le 27 mai au matin, je n’aurai pas la gueule de bois. Non. Mais j’aurai un véritable projet à concrétiser car je serai un bâtisseur.

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