Le retour du nationalisme est ni une banalité, ni une bagatelle!

Le temps semblerait-il effacer de nos mémoires comme avec une éponge sur une ardoise d´écolier les souvenirs écrits à la craie d´un passé ? Comment alors expliquer la résurgence d’un nationalisme que l’on croyait pourtant avoir enterré?

Petit retour en arrière …

Nous sommes le 8 janvier 2019, à Riesa, en Allemagne.

Congrès du parti de l’extrême droite allemand. Son président, Alexander Gauland, intervient en comparant l’Union Européenne avec la période du national-socialisme. Une déclaration offusquante et troublante. Le personnage n’en est pas à son premier scandale. C’est le même qui provoqua l’indignation en juin 2018 en relativisant la période du national-socialisme en Allemagne. Erreur ou pas, cela est bien plus qu’un simple déraillement, c’est un véritable système dont lui-même est le chef d’orchestre.

 » Wer heute den einzigartigen Bruch mit der Zivilisation leugnet, kleinredet oder relativiert, der verhöhnt nicht nur die Millionen Opfer, sondern der will ganz bewusst alte Wunden aufreißen und sät neuen Hass, und dem müssen wir uns gemeinsam entgegenstellen. « 

Bundespräsident Franck Walter Steinmeier, juin 2018 (*)
Face à ces propos aussi monstrueux, le témoignage de la réalité est nécessaire.

C’est l´historien Israélien Paul Friedländler qui tient alors un vibrant discours devant les députés du Bundestag au complet. Les députés de l´AfD d´Alexander Gauland sont aussi présents. Témoignage poignant d´un rescapé de l´Holocauste. Il en décrit la peur de tous les jours, les faces diverses et perverses d’un obscurantisme sans limite. Il récite un passé où la pitié n’avait pas sa place alors que la trahison et la lâcheté occupaient les places d’honneur. Il rappelle aussi cette tâche d’huile du barbarisme, répandue sur son parcours en Allemagne, en France, en Suisse aussi.

Ce rappel du passé devrait servir d’avertissement aux jeunes générations.

Car cette tragédie n’est pas si lointaine que cela. Or c’est bel et bien le nationalisme qui n’a laissé que des ruines fumantes et des cendres d´un rêve diabolique éphémère !

Il est sans aucun doute difficile aux générations qui n’ont pas connu cette période sombre de saisir l’importance des mots et des actes face à ce sursaut du nationalisme, voire même de l’ultranationalisme auquel nous assistons aujourd’hui. Pas uniquement en Allemagne hélas, un peu partout en Europe aussi. Poursuivre ces chimères nationalistes et du repli sur soi, c’est exposer la démocratie à un grand danger.

Le chemin de la vérité est alors de sensibiliser cette jeune génération que le nationalisme et ses extrêmes de droite et de gauche sont loin d’être du domaine de la banalité. C’est encore moins une bagatelle idéologique et médiatique qui se fondrait dans un paysage politico-économique. Cela s’appelle l’obscurantisme. Dans la perversité qui le caractérise, il devient très dangereux de jouer ou de composer avec. La solution est alors de combattre. C’est aussi un devoir.

La lutte climatique ne doit pas détrôner le danger du nationalisme.

Bien que je sois persuadé de la nécessité d’une action décisive dans la transition énergétique, bien que j’admire l’action de cette jeunesse en marche, je reste convaincu que la lutte idéologique et politique contre le nationalisme est tout aussi prioritaire.

Saisissons alors ensemble la chance que les élections européennes de mai 2019 nous offrent pour réaffirmer la démocratie en Europe et le modèle européen, unique au monde. Nous devons nous protéger contre tous ces agresseurs qui n’ont qu’un unique but, celui du repli sur soi. Agissons alors pour la renaissance de l’Europe.

(*) : Quiconque aujourd’hui nie, rabaisse ou relativise la rupture unique avec la civilisation se moque non seulement des millions de victimes, mais veut délibérément ouvrir de vieilles blessures et semer une nouvelle haine, et nous devons l’affronter ensemble.

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