Aux armes citoyens, c’est l’Europe que de nombreux fossoyeurs veulent enterrer.

Ils sont légions et de tout bord à vouloir enterrer l’Europe. Les populistes, les extrémistes europhobes de droite et de gauche, qu’ils parlent, hongrois, français ou italien. Mais aussi les américains de Donald, les soviétiques de Vladimir, tous deux pourtant désunis sur un sentier de guerre froide. Les chinois de XI continuent leur travail de fourmis en comptant les points devant tant de divisions dans nos rangs.

Les Chinois réécrivent la fable de Jean de la Fontaine.

Englués dans un conflit commercial sino-américain à rebondissements, ils bâtissent et innovent. À ce rythme, ce seront bientôt eux les grands gagnants de ce thriller politico-économique. Quand il y a un gagnant, la logique veut aussi qu’il y ait un perdant. La perdante alors, c’est bien l’Europe. La Cigale et la Fourmi, à vous alors de comprendre qui est qui.

Trump enfonce le clou et cultive le désarroi chez ses locuteurs et alliés d’hier, en soufflant le chaud aujourd’hui mais le froid demain. Un détricotage méthodique d’une relation privilégiée entre l’Europe et les États-Unis. Son arrogance met à jour que de l’Europe, il s’en balance bien ! Car l’Europe constitue une menace pour la sécurité américaine. C’est aussi simple que cela, à la limite de l’absurdité. Cela s’appelle l’unilatéralisme.

L’Europe n’est pas mûre pour organiser sa propre défense.

La Russie nous le rappelle décemment mais fermement sur le sujet des missiles nucléaires. Les États-Unis sèment la pagaille en se retirant de Syrie, en menaçant de quitter l’Otan mais aussi de prendre les économies mondiales au dépourvu et en otage en dénonçant l’accord multilatéral sur le nucléaire avec L’Iran.

C’est alors que nous, Européens, comprenons avec consternation que nous ne sommes pas aussi prêts que nous le pensions. Difficile de s’assumer devant tant de divergences sur l’échiquier géopolitique mondial.

Alors, à tatillon, nous contournons le dictât américain en mettant en place des mécanismes simples. Ceux-ci s’apparentent à celui d’une chambre de compensation dans le cadre d’un troc entre importateurs et exportateurs entre l’Iran et l’Europe. Donald en est vert de rage. Ce n’est pourtant qu’un simple pansement.

Seule, Mutti (*) défend le multilatéralisme européen devant une assemblée acquise.

Ivanka Trump, Sergueï Lavrov, Yang Jiechi restent assis alors que les applaudissements fusent. L’image est à retenir comme une preuve qu’au-delà des tensions que le trio USA, Russie et Chine entretient, c’est pourtant à boulet rouge qu’il tire sur l’Europe. On mesure en un clin d’œil les considérations envers notre Europe. À bien y regarder, elles sont loin d’être bienveillantes et complaisantes.

Quel est alors le poids de l’Europe face à ces trois blocs qui soufflent sur les braises ? Les Européens ont du mal à serrer les rangs, tant sur le plan économique que sur le plan politique et militaire. À long terme, nous deviendrions alors de simples figurants à défaut d’être bâtisseurs de notre propre destin. Il nous faut bien le comprendre et en saisir la portée.

Comment parler de souveraineté européenne quand bien même l’Europe est rongée de l’intérieur ?

Car les attaques en règle fusent également du côté des anti-européens guidés par le repli sur soi et les valeurs nationalistes. Enterrer l’Europe est leur combat de tous les jours. Le pire est, que faute d’un sursaut valeureux des Européens convaincus, ils sont bien prêts d’y arriver.

Par exemple en rentrant en force au parlement européen dès mai prochain. En profitant de l’obsolescence du système des partis, en refusant de se soumettre aux règles du collectif communautaire, en défiant la communauté aussi.

Il suffit de regarder l’Italie et les pays de Visegrad pour comprendre aussi que les différents traités européens atteignent leurs limites s’ils ne sont pas appliqués correctement par chacun des signataires. À moins de devoir admettre que ce sont parfois ces mêmes traités qui empêchent d’aller plus loin de par la rigidité du chemin décisionnel communautaire.

L’Europe doit absolument se réveiller !

George Sorros a parfaitement raison dans sa dernière tribune :

« L’Europe est en passe de tomber dans l’oubli. Les Européens doivent se réveiller avant qu’il ne soit trop tard .« 

Les partis pro-européens auront du mal à motiver cet électorat qui ne maîtrise pas forcément la portée de leur mutisme inconscient. Ne rien faire aujourd’hui, c’est d’une certaine façon prêter main forte aux fossoyeurs qui n’ont qu’un seul but : celui d’enterrer l’Europe. Rester dans cette léthargie, c’est ne pas comprendre les menaces réelles et sérieuses auxquelles l’Europe est déjà confrontée.

Aux armes citoyens, formez vos bataillons … Nos ancêtres nous ont heureusement démontré que les choses peuvent changer, dès lors que nous prenons entre nos mains notre propre destin. Nous avons alors le devoir de les imiter.

(*) Mutti est le surnom familier attribué par les Allemands à la Chancelière de l’Allemagne, Frau Dr. Angela Merkel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *