Pourquoi LaREM ne souffre pas d’ancrage local ? C’est sa force principale.

Ces derniers temps, j’entends souvent que LaREM souffrirait d’un manque d’ancrage local. Que LaREM ne serait pas à l’écoute sur le terrain des concitoyens.

Je saisis aussi que nos députés LaREM n’auraient, eux, pas assez d’expérience et de réseaux locaux, bien qu’issus de la société civile. Dois-je alors comprendre que l’ancrage local est synonyme d’expérience politique aux dépends de la proximité ?

Ne me mécomprenez pas, mais nos députés sont tout, sauf des martiens !

Certes, pour devenir députés, ils ont dû remplir un catalogue de critères très précis, exigeant aussi. La commission a privilégié leurs parcours professionnels, leurs tissus associatifs dans un but plus qu’honorable : celui d’assurer une diversité de la représentation dans l’hémicycle. Le retour du citoyen au cœur de la politique !

La critique est facile, l’art, lui, l’est beaucoup moins.

Les reproches peuvent porter sur le manque de diversité des profils choisis. Dans cette représentation, un seul député est issu du monde paysan. Aux grands absents néanmoins, comptons les infirmières, les ouvriers, les syndicalistes. Cela, oui, nous ne pouvons pas le nier. À croire que le seuil d’entrée ait été accessible qu‘ aux CSP+. Être député, cependant, ce n’est pas un métier. Le devenir nécessite un temps d’adaptation entre quitter son milieu et se lancer dans cette aventure.

Pourtant, nous ne pouvons en aucun faire un reproche sur l’ancrage local de nos représentants à l’Assemblée Nationale. La raison est très simple ! Tous vivent, ont travaillé, ont leur famille, leurs amis, leurs habitudes là justement où ils ont été élus. Même parmi les députés des français de l’étranger n’échappent pas à cet état de fait. Et oui, il n’y a pas eu de parachutage.

Le dégagisme était une grosse attente des Français. LaREM l’a matérialisé !

C’était bien une des grandes promesses de campagne du candidat Macron. Celle de renouveler le paysage politique. On peut alors leur reprocher peut-être un manque d’expérience, peut-être, mais un manque de courage politique en aucun cas. Car oui, ce sont bien ces députés qui ont mis fin au clientélisme politique avec la loi sur la moralisation de la vie politique. Puis la réforme de la non moins célèbre réserve parlementaire annihile complètement le réseau de complaisance qui s’était instauré lors des mandatures précédentes. Plus encore, le non-cumul des mandats instaure sur le moyen et le long terme un roulement plus important.

Difficile alors de comprendre aujourd’hui les commentateurs qui viennent critiquer cette lacune. Or, celle-ci n’en est pas une.

Il faut dire que le problème aujourd’hui des journalistes, chroniqueurs et autres éditorialistes, est que le lien qui unissait étroitement en France la politique et l’intelligentzia journalistique est devenu fort réduit. Les journalistes français n’ont plus leurs entrées partout, à leur grand dam. L’ancrage local ne signifie pas enracinement. La donne a complètement changé et cela, il faut bien le comprendre.

LaREM est un mouvement créé pour porter un homme à la présidence de la république.

Oui, le parti doit gagner en maturité, nous l’avons affirmé il y a quelques jours. Il devra surtout se positionner, se concentrer sur d’autres élections à venir. Se confronter avec ses détracteurs.

Sur le thème européen dans un premier temps avec l’élection de nos représentants au parlement européen de mai 2019. Malgré le mouvement des gilets jaunes, le mouvement arrive en tête des intentions de vote.

Sur le thème de la proximité avec les élections municipales. Soyons réalistes et restons francs : ce vote sera le moment de vérité pour LaREM. Le réalisme d’aujourd’hui est le constat suivant. Dans plusieurs communes de France, des maires, des conseillers municipaux sont soit des Marcheurs, soit des sympathisants. La force du parti, ce sont ses adhérents, plus de 400.000 à la date de ce jour.

Comment alors, dans ces conditions douter encore de l’ancrage local de LaREM ?

Nos faiblesses sont aucun doute de vouloir dérouler à tout prix un programme en oubliant d’écouter notre base, nos comités. Mais aussi en ignorant les alertes persistantes des corps intermédiaires ou encore les remontées de nos députés. Erreur ou pas, il nous faudra travailler sur l’organisation, la méthodologie, la communication. Cela, nous en sommes tous conscients.

Pourtant, c’est bien la diversité de nos adhérents, leurs origines, leur proximité sur le terrain qui fait de l’ancrage local du mouvement notre force.

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