Face à la crise de l’information, nous devons changer de méthode !

Ayons le courage d’admettre que, malgré le chemin parcouru ces dix-huit derniers mois, nous avons encore beaucoup à apprendre. Nous sommes dépositaires du besoin de transformation et de changement. Ayons alors le courage d’admettre quelque fois notre manque de maturité politique et comprenons que nous devons changer alors de méthode. Car, au-delà de la difficulté, l’émergence de la désinformation par les réseaux sociaux complique nos efforts.

Peut-on parler d’un manque de maturité ?

Sans aucun doute face à nos détracteurs plus aguerris sur le terrain, plus expérimentés aussi. N’oublions pas non plus ce tissu local, social qu’ils ont établi et que nous, nous n’avons pas encore. La politique ne s’improvise pas mais elle se construit. Or, cela demande du temps. Cela exige aussi des résultats tout aussi lisibles que perceptibles. Le ressenti, lui, semble s’articuler différemment au risque d’un discours qui devient rapidement inaudible pour beaucoup.

Face à l’émergence d’un monde inconnu que LaREM n’a pas pris suffisamment en compte, notre mouvement atteint ses limites, celles d’être trop politique. La France d’En Haut ! La crise sociale de ces dernières semaines les met malheureusement en évidence.

La pédagogie est plus que nécessaire, encore plus face à une inculture politique et économique que nous ne soupçonnions pas. Donc, il nous faut parler avec le cœur, avec sincérité. Nous devons écouter et parler différemment pour permettre à l’expression de se développer. Recréer le lien social est le discours de la raison.

Il nécessite alors de remettre en question la verticalité du pouvoir et cette renaissance d’un parisianisme au sein de nos structures et organisations. Cela, nous l’avions déjà soulevé treize mois auparavant.

Notre maturité politique et démocratique passe par une décentralisation du pouvoir.

Repensons alors notre méthodologie et nos chemins décisionnels. Concentrons-nous sur la pratique et moins sur la théorie, comme nous avons su le faire lors de la Grande Marche en 2016. Ou encore dernièrement avec la Grande Marche pour l’Europe. N’oublions jamais que notre action se base sur une valeur essentielle, celle où le citoyen est au cœur de la vie politique.

Seulement voilà, il nous faudra aussi nous battre contre la désinformation.

Gaspard Koenig décrit parfaitement la situation : l’intermédiation surgit dans le champ politique. Permettez-moi aussi d’arguer que son meilleur support en sont devenus les réseaux sociaux.

Le paysage médiatique se trouve bouleversé d’une manière irréversible. Fini la neutralité de l’information balancée aux journaux télévisés de 13 heures ou 20 heures. Terminé le rôle d’observation et de restitution de l’information. L’analyse et l’investigation sombrent dans l’oubli, le buzz, lui prime. Les médias traditionnels sont simplement relégués au second plan. C’est aujourd’hui la chasse à l’audimat. Le risque majeur est implicitement l’information tronquée, non vérifiée, voire fausse bien trop souvent, au bord du complotisme. La tentation du sensationnalisme, tout simplement.

Face à l’ubiquité grandissante des réseaux sociaux, il devient difficile pour le citoyen non averti de discerner le vrai du faux. Pire est, quand celui-ci se trouve rapidement aspiré par la viralité pour devenir un relais de la désinformation. Tout comme pour l’amplifier. La rupture de confiance prend des formes effrayantes dès lors qu’il est accordé aux réseaux sociaux une plus grande véracité qu’à la probité du député. Ce n’est pas de la fiction, mais une réalité amère.

L’enjeu sera de communiquer clairement, simplement. C’est aussi une priorité.

Soyons-en conscients, il existe une aversion acquise contre une partie de l’élite intellectuelle. Le langage technique, sophistiqué, voire académique ne passe pas. La méthode des éléments de langage ne fonctionne pas non plus, au risque alors de s’enkyster et de devenir inaudible. La visibilité passe par la communication.

Changer de méthode, maintenant, rapidement, c’est faire preuve de maturité. C’est aussi de ce qu’un parti politique il est attendu. Remettons-nous alors au travail, maintenant, ensemble et sans attendre.

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