On a mis un couvercle sur la cocotte depuis 30 ans…

La cocotte sort de ses gonds, la révolte citoyenne est dans la rue. Qu’ont donc les gilets jaunes de 2018 de commun avec les bonnets rouges de 2013 ? L’écologie et la transition énergétique. L’écotaxe de 2013 a autant de valeur que la taxe carbone de 2018, toutes les deux ont un impact quasi identique, celui de la grogne.


Quand l’écologie s’oppose au social

La taxe carbone ne date pas d’hier qu’on se le dise bien, mais de 2014. En Allemagne, elle existe depuis 1999. Le lecteur averti dénote ici un juste décalage dans la prise de conscience écologique entre l’Allemagne et la France. Mais aussi dans l’action et sa mise en place.
Dans le même temps, le prix à la pompe et du diesel baissent régulièrement. Le gouvernement déploie un accompagnement complet autour de la mobilité et la transition écologique.

Et si les taxes sur le carburant n’étaient alors qu’un unique prétexte pour manifester un mécontentement général ?

Les revendications dépassent maintenant le simple ras-le-bol fiscal, celui d’être des vaches à lait à répétition. Ce sont ces classes moyennes qui sont mises sans cesse à contribution depuis des décennies. Ce sont elles qui disent ne plus pouvoir, ne plus vouloir subir. La cocotte est trop sous pression. Or, c’est bien dans de telles situation que l’irrationalité prend le dessus et fait la une de l’actualité.

Daniel Cohn-Bendit a été clair, franc et direct. Ce mouvement poujadiste mélange des tas de revendications et refuse de mener le débat de fond, à savoir comment répondre de front à deux défis, la dette écologique et la dette financière.

C’est ce même combat que les gouvernements précédents ont tenté de mener et se sont défaussés, par peur électorale et/ou idéologique. Une fuite en avant. Une fuite écologique irresponsable à laquelle nous devons faire face au risquer de tomber dans un gouffre.

La transition écologique ne saurait se faire au détriment de la transition sociale

Ramenons alors le débat hétérogène et conflictuel sur le terrain de la raison. Certes, certaines thèses rappellent dans la situation actuelle la crise de fonctionnement de notre système politique. La fin du clivage gauche-droite, l’effondrement du parti socialiste et l’affaiblissement des partis issus du gaullisme ont créé un espace nouveau. Celui de la réactivation du clivage peuple contre l’élite.

Tout le monde comprend alors les efforts d’instrumentalisation à leur compte des extrémistes droite-gauche. Sans oublier aussi la soudaine mobilisation dans la de récupération politique de certains habitués du pouvoir. Ceux-là même qui étaient hier ou avant-hier aux commandes mais n’ont jamais mené les réformes nécessaires à la transition écologique comme l’Allemagne le fait depuis presque 20 années. Ceux-là même, en leur temps, qui ont vanté au consommateur citoyen les mérites du diesel. De ce scandale, personne n’en parle aujourd’hui.

La cocotte souffle et est sous pression. Elle l’est tacitement depuis plus de trois décennies.

Elle démontre d’une certaine façon que la France est en crise.

Il serait erroné de nommer un bouc-émissaire à cet état de fait. Ce n’est pas un homme et son gouvernement seuls qui doivent responsabiliser l’inactivité écologique et énergétique de ses prédécesseurs. C’est au peuple français de comprendre l’urgence dans l’action.

Soyons et restons lucides alors !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *