L’Union Européenne, la maison de l’argentier ?

Vouloir le beurre et l’argent du beurre est une vision simpliste et égoïste dans une communauté de plus de 500 millions de citoyens. Elle est encore plus inacceptable dès lors que le principe de la solidarité est ouvertement bafoué.

Dépenser les crédits sans respecter les valeurs

La farandole des milliards nous aide à mieux cerner l’amplitude des enjeux. La Pologne a perçu près de 16 milliards d’euro en termes d’aide à la cohésion économique et sociale. Les bénéficiaires de l´aide financière de Bruxelles sont nombreux. La République Tchèque avec plus de 4,5 milliards d´euro. La Hongrie avec un peu plus de 4 milliards, la Roumanie avec près de 3,5 milliards, la Slovaquie avec plus de 2 milliards.

Ayons-alors le droit légitime de nous offusquer devant le bafouement ouvert des règles démocratiques fondamentales de l’Union Européenne. Ici, avec la restriction de la liberté de la presse. Là-bas, devant la remise en cause de l’indépendance de la justice et son démontage systématique. Plus loin encore, avec l´instauration d´un régime autoritaire au bord de la corruption.

Ayons alors le devoir de dire non et de nous y opposer !

Nos aïeuls avaient vu juste en leur temps en dotant le Parlement Européen et la Commission Européenne de moyens de sanction. Le Parlement Européen use de son droit d’initiative pour demander aux États membres de se prononcer sur la situation de l’État de droit dans un pays de l’Union européenne. Après la Pologne, c’est au tour de la Hongrie début septembre.

Symbolique ou pas, il était grand temps que la démocratie européenne défende ses valeurs fondamentales devant le risque systémique.

L’Union Européenne n’est pas la maison de l’argentier !

Emmanuel Macron l’avait clairement argué et défendu. Il ne peut pas y avoir de convergence européenne si chacun agit à son gré en bafouant allègrement les valeurs fondamentales de l’Europe. Dépenser à son profit les crédits sans les respecter est une preuve de cynisme que personne en Europe ne peut tolérer. Soyons alors direct : l’Union Européenne n’est pas un supermarché.

Alors battre le beurre ne servira à rien, malgré le renfort médiatique accordé aux dissidents. Il leur faut enfin comprendre que l’Europe, ce n’est pas la maison de l’argentier. C’est avant tout le respect des valeurs profondes de la démocratie et de la solidarité.

Ambiance à Bruxelles…

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