L’enjeu des prochaines élections, ce sera la capacité à décider et à agir ensemble.

Un enjeu de taille qui ne pourra pas se décliner au singulier. Qu’on se le dise bien. Face au duo du nationalisme et du populisme, retrousser nos manches pour ramener le débat vers la substance démocratique sera un combat au quotidien.

L’Europe est un projet collectif.

Alors quand il y une défaillance démocratique, il ne faut pas s´étonner que l’Europe devienne un bouc émissaire tout désigné, la boîte de Pandore. Il est tellement plus simple il est vrai de nationaliser les réussites pour européaniser les échecs et défaites. En revanche, il est très légitime de s’inquiéter quand des pays membres, modérés, cèdent et baissent les bras devants des pays membres nationalistes. Mais nous inquiétons-nous vraiment de cette culture de l’indifférence ?

La prise de conscience n’est pas encore là, l’Europe n’est pas prête.

Je peux sans aucun doute vous offusquer par de tels propos. La réalité pourtant est bien là : la majorité des Européens n’est pas prête. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est un sursaut, une mobilisation démocratique. Agir et non réagir. C’est alors prendre notre destin entre nos mains en devenant rebâtisseurs. Comment me direz-vous ? En créant l’émergence de nouveaux courants en Europe.

En Marche est un mouvement progressiste européen, sans aucun doute possible.

Le mouvement gagnera ses cartes de noblesse à la condition de dépasser ses visions en France et d’élargir ses horizons. C’est-à-dire en se projetant loin, bien au-delà des mandatures sur le court terme. La mise en forme d’En Marche correspond bien à la réalité du débat européen. Aussi, pour réussir, il lui faudra acquérir une autonomie pour être et rester crédible politiquement.

L’enjeu est donc de ne pas réduire l’espace d’En Marche, bien au contraire. En un mot. Il ne s’agit pas de réduire l’action du mouvement aux paroles d’un homme. Car le capitaine peut et a le devoir de ne pas avoir toujours raison, c’est une preuve d’humilité aussi.

En Marche devra affronter la complexité face à des adversaires qui feront tout pour miner le terrain.

Pour cela, il lui faudra être juste, total et intègre. Le mouvement devra remettre la démocratie au centre du débat européen, la faire redécouvrir si besoin. Nous serons amenés à faire des fautes parce que l’apprentissage du combat politique n’est pas inné. À la grande joie de nos détracteurs et d’une certaine presse ! Soyons – en en conscients toutes et tous. Cela reste un combat de leadership, médiatique et sociétal à la fois.

L’enjeu reste cependant majeur : les Européens doivent se réapproprier le projet européen.

En Marche se doit d’être innovateur, créatif avec des propositions politiques réelles, concrètes mais aussi innovatrices. Aussi faudra -t’il reformuler ou faire émerger des priorités en analysant, en écoutant avant de décider. Son obsession est celle d’inviter toujours et encore à la participation. Sur le terrain, par des consultations, par des débats.

Vous le comprenez bien alors, l’enjeu des prochaines élections européennes dépend de notre capacité d’agir et de décider ensemble. S’unir prime sur se disperser. Notre première bataille sera de convaincre de voter, notre deuxième de ne pas abdiquer.

 

NB : cette tribune est le condensé et le fruit d’un échange entre progressistes européens à Berlin, le 29 septembre 2018, dans le cadre de la Rentrée des Territoires. Le forum organisé par LaREM Allemagne-Autriche réunissait entre-autre Isabelle Négrier, Daniel Cohn-Bendit, Guillaume Klossa, Jens Baganz, Laurent Couraudon et Volt Europa ( Deutschland ) et les différents comités En Marche en Allemagne et en Autriche.

En Marche Elbe-Hamburg était représenté par Alain-Jacques Bourdichon, Alain Crouzet et Francis Cabaret.

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