Faire-savoir le savoir-faire européen pour garantir notre souveraineté

En son temps, De Gaulle affirmait haut et fort qu’on ne fait pas de la politique autrement que sur des réalités. Visionnaire de l’époque, il concevait l’Europe comme un espace d’entraide et de solidarité. Aucun membre ne devait abdiquer son identité nationale et les prérogatives de sa souveraineté. Quelques décennies plus tard, l’Europe souffre. Profondément.

Alors que le projet communautaire devait être une belle aventure, l’Europe désenchante aujourd’hui.

Elle reste pourtant bien une nécessité absolue. Car une Europe divisée est plus facile à soumettre qu’une Europe unie. Les requins et les fauves le savent bien, Trump aussi. Or, l’Europe doit s’affirmer et refuser toute subordination au risque de rester une naine sur l’échiquier mondial de la globalisation.

Il n’en reste pas moins que la force de cette Europe, ce sont ses citoyens qui la forge.

Aussi est-il nécessaire d’offrir des horizons autre que l’austérité et les contraintes budgétaires. Si on y ajoute un libéralisme bureaucratique tant décrié, il est aisé de comprendre que le citoyen européen se sent dépossédé de ce projet. Car la démocratie s’en trouve rétrogradée au rôle de figurant et le citoyen perd le contrôle. Cette crise de légitimité pousse alors vers l’abandon et nourrit un sentiment croissant d’éloignement vis-à-vis de l’Europe.

Rendre l’Europe au peuple !

Nous avions déjà soulevé en octobre dernier la nécessité de refondre le projet européen autour de trois piliers qui forment la structure d’une transformation des processus politiques : l’économie, le social et la défense. Nous avions mis en avant notre devoir de construire et de nous adapter pour une meilleure intégration des pays membres dans le respect de leurs identités.

Il est temps de tourner la page d’une Europe ultralibérale parfois trop en contradiction avec la préférence communautaire. En s’y concentrant trop dessus et sur le libre-échangisme, les institutions européennes en ont oublié l’essentiel.

En effet, l’exigence démocratique est plus forte. Oublierions-nous alors notre savoir-faire?

La réponse alors ne peut pas être celle qui consiste à déconstruire l’Europe pour ouvrir la porte vers un protectionnisme soi-disant intelligent. Cela revient à vouloir vendre du vent avec trop souvent des outils et des méthodes douteux. Soyons honnêtes, il n’y a rien de concret derrière.

La réponse est dans l’action et la pédagogie : faire savoir le savoir-faire du modèle européen. Car une chose est certaine : la famille européenne a tous les atouts pour se développer dans la paix, la sécurité et la liberté. Mais aussi pour garantir et construire sa souveraineté.

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