La démagogie pour accroître la popularité des populistes : les européens face à un choix.

Le constat est consternant mais il est bien là : la campagne électorale pour les élections européennes de Mai 2019 est lancée. Qu’on le veuille, ou non, c’est un état de fait. Le réveil est néanmoins brutal.

Emmanuel Macron avait annoncé avec clairvoyance les enjeux de ce que Mai 2019 sera. Nous serons loin du clivage habituel droite-gauche, le PSE contre le PPE (*). Le débat des pro-européens contre les populistes, là sera le joug. Emmanuel a raison.

Il y a nécessité absolue de refonder une Europe meurtrie, aucun doute n’est permis.

L’interprétation reste différente selon le camp concerné, les démarches se contredisent. Le mode opératoire des uns surprend car il se base sur deux armes : la provocation et la démagogie. La presse relaie bien sûr, mais l’opinion comprend-elle vraiment ce qui se déroule réellement ? Je n’en suis pas si sûr, loin de là.

Notre coup de chapeau revient indéniablement à Jean Quatremer !

Car les enjeux vont beaucoup plus loin que d’accroître sa popularité à coup de provocations. Quatremer le démontre parfaitement dans son article « Quand les démagogues minent l’Europe de l’intérieur« . Les pieds-de-nez aux règles communautaires élémentaires tout comme les chantages à répétition démontrent avec flagrance à quel point ces démocraties illibérales s’affranchissent de la Maison Europe. Lentement mais sûrement. Méthodiquement aussi ! L’AfD serait devenue le deuxième parti politique en Allemagne, laissant le SPD dans sa dérive électorale.

Oui, les Européens se retrouvent face à un choix.

Celui de cautionner celles et ceux qui n’ont pour but que de défaire ce que leurs grands-parents et parents ont bâti des décennies durant. Celui de se foutre ouvertement et éperdument de l’Europe tout en exigeant d’elle qu’elle construise et innove à la condition unique qu’ils soient les premiers servis. Mais aussi et surtout, c’est le choix de critiquer, d’insulter et dénigrer en oubliant de construire et de remplir des engagements communautaires. À défaut de proposer, c’est alors utiliser la démagogie comme arme principale : nationaliser les réussites et européaniser les échecs.

Contre la démagogie, il y a heureusement d’autres choix, multiples mais bien plus constructifs.

Celui par exemple de travailler sur une Europe fondée sur des valeurs qui ont fait la richesse du continent : la démocratie libérale, la solidarité et l’État de droit. Les ingrédients sont réunis pour aller de l’avant. On peut ne pas adhérer à tous les points, on ne peut pas ne rien faire en revanche.

C’est cette tâche sur laquelle le groupe Spinelli se concentre. Il élargit le débat tout en mettant le doigt sur un point essentiel : l’Europe ne peut plus continuer de promettre plus qu’elle ne peut réellement. Refondre l’Europe, c’est devoir comprendre de rendre simple et accessible ce qu’aujourd’hui est un challenge technocrate que seuls les initiés savent traduire. Les propositions sont multiples bien qu’elles soient orientées vers un fédéralisme. Elles ont le mérite d’appréhender tous les sujets, y compris celui des institutions et des différents traités. Mais surtout, elles apportent des propositions concrètes.

Certaines, comme le fédéralisme, ne nous convainquent pas. Mais elles restent une force de proposition.

Oui, nous sommes loin, très loin de la démagogie populiste. Nous parlons d’intégration politique, de résilience communautaire et d’un sentiment d’appartenance. Nous ne parlons pas d’hégémonie de quelques états mais d’une Europe démocratique, sociale forte et unie.

Il serait alors faux de croire que face à cette vague nationaliste et populiste, le citoyen européen ne peut rien faire. Le discours de la Sorbonne aura été sans aucun doute le kick-off d’un réveil européen et d’une prise de conscience. À lui seul pourtant, il ne suffit pas.

Si aujourd’hui les Européens convaincus sont majoritaires, le seront – ils demain encore?

Face à cette minorité grandissante et menaçante, c’est dans l’action et le dialogue que nous saurons ensemble faire le bon choix. Agir, avancer, décider : soyons audacieux !

(*) PSE : Parti Socialiste Européen

(*)PPE : Parti Populaire Européen

Une réponse sur “La démagogie pour accroître la popularité des populistes : les européens face à un choix.”

  1. Un excellent article académique qui retrace la situation moribonde actuelle de l´Union Européenne. Sans vouloir employer un langage académique souvent complexe mais faire passer un message clair, intelligible, compréhensible pour tous, je me permets d´ajouter que cet état actuel de l´UE a été causé par certains politiciens qui par cause d´incompétence et n´ayant pas réussi à réaliser les objectifs qu´ils se sont fixés, ont tous mis en cause durant des années les institutions européennes à Bruxelles. Sans apporter de plans concrets, de propositions et d´idées pouvant renforcer l´intégration européenne, si ce n´est les propositions du Président E.Macron, nous entendons uniquement des propos et discours négatifs, lisons des articles tendancieux, de journalistes, économistes, qui sont tous irresponsables, de la crise actuelle. Ils ont mis en danger non seulement la paix et l´avenir de l´UE mais jouent avec l´avenir de futures jeunes générations et de plus de 400 millions de citoyens / nes européens/nes. Ils ont ainsi renforcé l´émergence de mouvements populistes et ultranationalistes. Nous avons au sein de l´UE de nombreux exemples de l´émergence de ce nouveau mouvement ultranationalisme comme cela est le cas actuellement en Autriche, Italie, Allemagne, dont il y a plus de 80 ans ont été le berceau de la naissance de l´idéologie nazie et fasciste. Cela confirme que l´être humain a une mémoire très courte et cela malgré les millions de victimes, holocauste, génocides de toutes sortes dont le dernier dans l´ex-Yougoslavie, un pays mis à feu et à sang. Tout cela a été causé par l´ultranationalisme dont un AfD, Le Nouveau Passablement National de Marine Le Pen, PiS, Viktor Orbán et biens d´autres comme en Turquie avec Erdogan. Un Nationalisme qui de nouveau fait une entrée fracassante sur la scène politique internationale avec ces hideuses images qui nous ont été livrées récemment à Chemnitz avec cette horde de milliers d´ultranationalistes et racistes dont certains comme en 1937 ont commencé de nouveau en 2018, une chasse à l´homme!. C´est cela qu´il faut dénoncer et surtout aussi les prises de positions et articles démagogiques et populistes publiés par des journaux et hebdomadaires de renom, chose impensable avant la crise migratoire et dont un grands nombreux de soi-disant représentants de partis démocratiques comme en Bavière avec la CSU aussi de la CDU ainsi que certains responsables du parti «Die Linke» qui utilisent les mêmes slogans contre ce qui dénoncent parfois à juste titre, une migration incontrôlée. Tout cela renforce chez le citoyen/ne ce sentiment de peur de tout ce qui est étranger, peur sur le propre avenir, méfiance aussi envers la politique dont la discussion sur l´attitude et propos du Président du «Verfassungsschutzpräsident» Maaßen (qui a douté qu´il y a eu une chasse à l´homme durant les événements de Chemnitz (bien que documentée par des films vidéos), a renforcé leur méfiance et rejet ou doute sur le fonctionnement de notre système démocratique. De même, que la décision quelque peu orthodoxe imposée par le Ministre de l´Intérieur Horst Seehofer qui a ouvert un nouveau débat et polémique sur la nouvelle affectation de l´ancien Président des services de renseignement intérieurs. Cette nouvelle polémique reprise et documentée quotidiennement par les médias, ne fait que renforcer d´avantage la méfiance envers les partis démocratiques traditionnels dont le grand profiteur est le parti d´extrême droite AfD qui passerait en seconde place devant le SPD aux prochaines élection, ce qui sera un «déjà vu» de 1937 en Allemagne !.
    C´est presque la même dialectique, que celle des partis de l´extrême droite et extrême gauche, qui est utilisée et renforcée par des experts de la finance, comme cet appel de plus de 154 économistes allemands qui ont dit NON «NEIN» au projet de réforme de l’euro proposé par le Président E. Macron. Ils mettent en garde contre la poursuite du développement de l’union monétaire et bancaire européenne vers une «union de la responsabilité» et publié par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) https://francais.rt.com/economie/50925-154-economistes-allemands-disent-nein-reforme-euro-macron». Les économistes-allemands-disent-NON «Nein» aux reformes de l´Euro et ils s’en prennent directement au président français et à celui de la Commission européenne. Ainsi ils écrivent : «Les propositions du président français Macron et du président de la Commission européenne, Juncker, mentionnées dans l’accord de coalition présentent de grands risques pour les citoyens européens. Que certains médias français ont préféré traduire par «union de la dette». L´un de ces économes Prof. Hans-Werner Sinn depuis l’introduction de l’euro, présent dans de nombreux «Talkshows», prêche sa fin et pourtant depuis des années sa parité vis-à-vis du US-Dollar reste supérieure allant jusqu´à 1,30 US-Dollar et plus. Actuellement il est à 1 Euro pour 1,17 USD.
    En lisant les derniers articles en Allemagne parus dans «Die Welt» sous le titre de Ende der Flitterwochen» et «Der Spiegel» « Sinkender Stern », et après de ce qui s´est passé dans de nombreuses villes en Allemagne, dont la dernière démonstration d´ultranationalistes inspirés de l´idéologie Nazie faisant la chasse aux étrangers a montré de nouveau ce visage hideux du nationalisme. Je pense qu´on est en droit en tant que Français de se poser la question, si certains journalistes et commentateurs en Allemagne, après plus d´un an seulement au pouvoir du Président E. Macron, au lieu de se préoccuper des soudages et de sa popularité auprès des Français/ses, ne devraient- ils pas d´abord se préoccuper de savoir comment endiguer l´avance de cette extrême droite déjà représentée au Parlement (Bundestag) avec presque 100 députés ! On a l´impression avec une certaine presse an Allemagne, d´être de nouveau confronté à ce qu´ont connu les relations entre l´Allemagne et la France il y a plus de 75 ans. Une nouvelle forme de «Gallophobie ou Francophobie» qui refait son apparition. C´est contre ce mouvement ultranationaliste que nous sommes tous appelés «Européens/nnes» à Berlin le 29.09.2018, pour manifester notre soutien à notre «Europe Démocratique» comme l´ont fait les 165.000 personnes qui ont participer à ce concert de Chemnitz, une manifestation contre le Nationalisme et le Racisme! Pour une Europe «Démocratique, Égalitaire, Sociale, Solidaire»

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