Un contraste inquiétant : clin d’œil critique d’un soixante-huitard.

Le contraste des valeurs peut être saisissant pour celle et celui qui restent attentif. Baladons-nous alors entre la Roumanie et l’Allemagne si vous voulez bien vous prêter à l’exercice. Prenons acte de la date néanmoins : le 12 août 2018.

L’acte 1 de notre pièce du contraste a pour décor Bucarest et quelques autres grandes villes en Roumanie. Le scénario : des manifestations de masse. Les Roumains se mobilisent depuis deux semaines contre la corruption et pour la défense de l’Etat de droit dans leur pays. Troisième soirée de manifestations contre le gouvernement de gauche.

Une manifestation qui dégénère, à tel point que le président roumain lui-même fustige « l’intervention brutale et disproportionnée » des forces de l’ordre. Ces citoyens, ces Européens luttent contre la corruption.

Le rideau tombe sur l’acte 1, saluons alors leur courage et opiniâtreté.

Dans le même temps, à Berlin, une grande marche de milliers de personnes, appelons-les aussi manifestants, est organisée dans la capitale allemande. Sous bonne escorte policière, digne d’un déplacement de la Chancelière à bien y penser. Non, rassurez-vous, Angela ne faisait pas de la partie !

Leurs motifs : un usage légal du cannabis consommé pour ses propriétés psychotropes. Aucune intervention brutale, de nombreuses avenues bloquées à toute circulation. À défaut de compter les blessés, il serait opportun de connaître le coût d’un tel évènement. Mais c’est aussi la preuve d’une démocratie qui fonctionne dans un état de droit.

Le rideau tombe de nouveau sur l’acte 2. Le cannabis n’est pas encore sauvé et se remet encore de ses émotions.

Le contraste est et reste saisissant : les uns luttent pour des droits élémentaires d’une démocratie forte, pérenne, les autres entretiennent un vent de libéralisation pour dépénaliser la consommation d’une drogue douce. Plus loin, il est frappant de comparer les priorités qui séparent les acteurs.

Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent !

Pourquoi alors prioriser le cannabis à la survie de notre union européenne ? Ou alors pourquoi le privilégier par rapport à la montée en Europe des extrémistes de tous bords, de droite et de gauche ? Et encore plus loin, pourquoi ne pas défendre nos droits fondamentaux et cette paix que nous apprécions depuis de 70 ans au lieu de son plaisir personnel ?

Le contraste, qui plus est, met en évidence un chose : les pays, acteurs de l’acte 1, sont nos voisins, à quelque centaine de kilomètres près. Nommons-les alors : Roumanie, Bulgarie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie.

En 1968, nous montions des barricades pour des sujets différents. Mais une chose est sûre, nous étions plus courageux.

Pourquoi alors cette jeunesse du numérique, la génération Y, ne se saisit-elle pas de ces sujets majeurs ? Que font vraiment les jeunes d’aujourd’hui en ce sens, prennent-ils conscience de ce qui se dessine ? Qu’attendent-ils donc pour agir ?

Cette génération, si chouchoutée, dorlotée, hyper connectée et mobile, libre de toutes les anciennes conventions et contraintes, ne voit-elle pas le danger ? Cette insouciance, c’est aussi celle qui a permis à des mouvements et idéologies de s’installer à la barre du navire. La suite tragique, nous la connaissons tous.

Est-ce une forme d’égoïsme ?

Ces quelques lignes ne suffiront pas à traiter cette question, cela est sûr. Je préfère pour ma part parler de solidarité en demandant à cette génération d’ouvrir les yeux sur la réalité du monde qui les entoure. Je leur demande de contribuer par leur engagement à défendre la démocratie, où qu’elle soit et quelle que soit sa forme en Europe, pour le bien-être de tous.

Le cannabis, lui, saura attendre, les droits fondamentaux en Europe, eux, non.

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