Une solution européenne à la crise des réfugiés, l’Europe face à son histoire

Réunis au Conseil européen le 29 juin dernier, les États de l’Union ont trouvé une solution européenne, pragmatique et humaniste à la crise des réfugiés. Explications de ce choix historique.

Un accord politique a été trouvé pour répondre par une solution européenne à la « crise des réfugiés ». Cet accord européen est basé sur quatre principes :

  1.  Des centres contrôles seront ouverts en Europe. Ces centres serviront à accueillir rapidement les réfugiés politiques et à reconduire les migrants illégaux.
  2. Le concept de « plateformes régionales de débarquement » hors d’Europe sera examiné en coopération avec les organisations compétentes au sein des Nations unies. Il s’agira de pouvoir recevoir des navires transportant des migrants en dehors de l’Union européenne.
  3. Les frontières extérieures de l’Union vont également être renforcées grâce à des aides à destination de la Turquie et de l’Afrique du Nord pour éviter des flux comparables à ceux de 2015.
  4. Le règlement de Dublin va être réformé pour instaurer un partage plus équitable des réfugiés. Ce règlement prévoit l’examen d’une demande d’asile dans le pays par lequel un migrants est entré dans l’Union européenne : il a pour conséquence de « fixer les migrants » dans les pays européens ayant une frontière extérieure, en particulier dans le pourtour méditerranéen.
Comment la France organise-t-elle sa politique migratoire ?

La France a établi clairement sa politique migratoire avec sur deux principes : humanité et fermeté. C’est-à-dire assurer l’accueil des réfugiés politiques mais aussi assumer notre impossibilité d’accueillir certains migrants «économiques». Nous examinons toutes les demandes d’asile des réfugiés politiques au cas par cas au regard de ces principes qui permettent d’éviter la saturation des hébergements d’urgence par des migrants économiques afin de pouvoir accueillir plus dignement les réfugiés politiques.

Humanité d’abord.
  • D’abord parce que les demandes d’asile seront traitées plus rapidement pour ne pas laisser les demandeurs trop longtemps dans l’expectative. La procédure passera de 11 à 6 mois et les délais de recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) seront divisés par deux pour instruire les dossiers plus vite.
  • Ensuite, nous améliorons l’accueil des réfugiés admis au séjour. Le budget d’intégration par la langue, le logement et l’emploi a été augmenté de 18% dans la dernière loi de finances. De même, le budget de l’OFPRA a été augmenté de 26% et 7500 places d’hébergement supplémentaires seront créées d’ici 2019.
  • Nous assurons le droit d’asile aux personnes les plus vulnérables (apatrides, bénéficiaires de la protection subsidiaire, jeunes filles menacées d’excisions ou familles de mineurs réfugiés). Les victimes de violences conjugales ou familiales bénéficieront d’une protection renforcée. Une protection accrue est assurée aux mineurs contre les reconnaissances frauduleuses de paternité.
Mais fermeté également.

En effet, aujourd’hui, 96 % des décisions de débouter les demandes d’asile ne sont pas appliquées. Il faut donc rendre plus effective la politique d’éloignement des migrants économiques dont l’immigration a été refusée. Les demandeurs n’ayant pas obtenu leur droit d’asile devront donc quitter plus rapidement le territoire pour ne pas saturer les dispositifs d’hébergement d’urgence.

Combien de migrants ont été accueillis en France en 2018 ?

Nous sommes loin de flux migratoires liés à la « crise » de 2015. Cette année-là, plus d’1,8 millions de personnes ont franchi les frontières européennes. En 2017, ils étaient 205 000 et cette année la tendance est à la baisse.

La France est le deuxième pays de demandes d’asile de l’Union européenne (derrière l’Allemagne et devant l’Italie cette année). Nous avons reçu plus de 100 000 demandes d’asile en 2017 (soit 50% de plus qu’en 2014).

Mais attention, il faut regarder les chiffres par pays en détails pour mieux comprendre la problématique : la Syrie, qui est en guerre civile, ne représente que 4,4% des demandes d’asile alors que l’Albanie, qui est en paix, est le premier pays d’origine des demandes. Il est donc normal que nous ne puissions pas accueillir 100 % des demandeurs d’asile.

Dans le cadre de leur réinstallation organisée par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies, la France accueillera 10 000 migrants d’ici 2019 (notamment du Niger, du Tchad, mais aussi de Turquie, du Liban et de Jordanie).

Dans ce contexte, quelle est donc la position de la France ?

Depuis le départ, la France promeut une solution européenne à la crise migratoire basée sur trois principes :

  • Agir en amont avec les pays tiers.
    1. Dans les pays de transit comme le Niger ou le Tchad, par un renforcement des actions engagées en informant les migrants potentiels sur leurs chances réelles d’obtenir l’asile en Europe.
    2. Dans les pays côtiers, comme la Libye, en travaillant à la stabilisation, la dissuasion et l’appui aux gardes-côtes
    3. Dans tous les pays tiers, par une réponse durable basée sur l’aide au développement et la stabilisation politique et de sécurité ; et par une lutte plus forte contre les filières de passeurs avec les autorités locales.
  • Renforcer la protection des frontières européennes en augmentant les effectifs et capacités d’intervention de Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.
    1. Dans les eaux internationales ou européennes, il faut être clair sur les principes, humanitaires et de droit : le sauvetage doit se faire vers le port sûr le plus proche. Nous pouvons européaniser les moyens de secours, pas le débarquement lui-même, car il en va de la sécurité et de la vie des personnes secourues
    2. Sur le sol européen, la solidarité et l’action collectives doivent être immédiates : nous portons avec l’Espagne l’idée de centres fermés européens, où – avec les moyens renforcés de Frontex notamment – nous devons examiner rapidement les situations individuelles et les demandes d’asile, savoir reconduire les déboutés et accueillir, solidairement, les autres, c’est-à-dire ceux qui deviennent des réfugiés.
  • Gérer ensemble la situation des migrants arrivés en Europe. La coopération entre Européens s’exerce tout au long de la chaîne de migration.

    Quand la France sécurise avec plusieurs partenaires européens la zone sahélienne, elle agit pour l’Europe ; quand nous soutenons tous ensemble les actions de l’ONU au Niger et au Tchad, c’est aussi une action solidaire ; quand l’Italie agit avec nous et l’Union européenne en Libye, il en est de même…

Et cette solidarité doit aller jusqu’à l’accueil des réfugiés, in fine.

La situation européenne a évolué depuis 2015 : nous ne sommes plus dans une crise migratoire au sens des arrivées massives sur le sol européen.

La crise migratoire a changé de nature.

  • En effet, si les arrivées sur le sol européen diminuent, il y a en revanche de très nombreux mouvements secondaires au sein de l’espace Schengen.
  • Et il y a, notamment dans les pays qui sont en première ligne, comme l’Italie, un sentiment d’abandon, de perte de contrôle auquel nous devons répondre.

Lire l’intégralité du compte-rendu sur la plate-forme En Marche!

Les conclusions du Conseil Européen du 29 juin 2018 (en langue française)

 

2 réponses sur “Une solution européenne à la crise des réfugiés, l’Europe face à son histoire”

  1. La question de la Migration et Asile divise non seulement le gouvernement Allemand ainsi que les citoyens/nes mais aussi toute l´Europe.
    Toutefois il est un leurre de croire que le récent accord sur la Migration et Asile en Europe va résoudre en un coup de baguette magique tous nos problème. Cet accord ne pourra pas se solder par un ralentissement de l’immigration illégale et de l´afflux de réfugiés, (comme déjà cité dans un article il y a plus 3 ans), tant qu’un engagement matériel et financier de plusieurs milliards d´Euro, de toute la communauté internationale, ne sera pas mis en place de toute urgence!
    Et tant que l´Europe, les USA, Grande Bretagne, France, n´auront pas établi un plan de reconstruction analogue au plan «Marshall» pour leurs actions désastreuses en Iraq contre le régime de Saddam Hussein, Libye contre le régime de Kadhafi et Syrie, dont le conflit continu encore à ce jour et fait fuir des centaines de milliers de personnes.
    Et sans oublier l´ensemble de l´Afrique délaissée pendant des décennies mais dont nous exploitons leurs ressources minières, entretenons la corruption de régimes autoritaires depuis 1960, cela depuis leur Independence. Sans oublier que nous avons réduit à néant leur agriculture par l´exportation de nos denrées alimentaires, produits agricoles comme les tomates de Hollande coûtent à Accra/Ghana moins chères que celle du paysan Ghanéen qui essaye de fuir la misère en essayant au péril de sa vie sur des embarcations de fortune de traverser la méditerranée afin d´atteindre les côtes de l´Italie et d´Espagne!

    Comme nous avons pu le constater «L’Aquarius»a laissé des traces dans la coopération européenne pour l’accueil des migrants. Le samedi 23 juin, le président de la République et le nouveau premier ministre espagnol Carlos Sanchez ont tenu une conférence de presse commune en préparation du sommet restreint sur la migration qui s´est déroulé le dimanche 24 juin à Bruxelles dont nous pouvons lire les résultats de cet accord.

    Nous ne pouvons que saluer enfin un accord qui va peut-être pourra répondre aux attentes de nos compatriotes européenns/nes s´il est vraiment appliqué et suivi à la lettre par tous les partenaires concernés. Cela commence par le rôle que va jouer la France dans l´application de cet accord et nous pouvons reprendre ce passage:

    «Comment la France organise-t-elle sa politique migratoire ?»
    «La France a établi clairement sa politique migratoire avec sur deux principes : humanité et fermeté. C’est-à-dire assurer l’accueil des réfugiés politiques mais aussi assumer notre impossibilité d’accueillir certains migrants «économiques». Nous examinons toutes les demandes d’asile des réfugiés politiques au cas par cas au regard de ces principes qui permettent d’éviter la saturation des hébergements d’urgence par des migrants économiques afin de pouvoir accueillir plus dignement les réfugiés politiques.»

    Sur ce point nous ne pouvons qu´approuver pleinement ces nouvelles «intentions et directives», cela déjà sur le plan humanitaire afin d´offrir un accueil et des hébergements plus dignes que ces campements sauvages indignes de cette France des droits de l´homme. Toutefois, il est un leurre de croire comme certains partis politiques, mouvements humanitaires, que la France et l´ensemble de l´UE pourront résoudre le problème de l´immigration sauvage en provenance de l´Afrique dont 65 millions d´êtres humains attendent aux frontières de ces états de l’Afrique subsaharienne. Certes déjà les initiatives et dialogues engagés par le Président E Macron ainsi que les contacts pris avec es pays comme le Niger, Mali, Libye et les accords passés par la Chancelière Angela Merkel ors de son dernier voyage au Proche-Orient les 21 et 22 juin 2018, en Jordanie, Liban, est une action en commun accord en vue de trouver une stratégie commune, qui est absolument indispensable comme la Chancelière Angela Merkel l´avez souligné:  » nous sommes convenus de réagir de manière coordonnée à l’échelle européenne  »

    Mais après ses divergences graves et menaces indignes, à son égard par le Ministre de l´Intérieur Horst Seehofer de la CSU, est-elle encore en mesure de suivre et d´imposer sa politique ou est-elle prisonnière de son «petit partenaire CSU» en Bavière dont le nouveau Ministre-Président Marcus Söder se dévoile comme étant un fervent admirateur de l´ultraconservateur aux relents de populisme, ultranationalisme et de despotisme, «Viktor Orbán».
    Cependant, un autre aspect important dont les partis ultranationalistes en tirent un profit est «la peur de l´étranger» dont on ne peut que conseiller ceux qui souffrent de ce syndrome, de relire «l’Étranger» de Camus».

    Oui cet afflux incontrôlé de réfugiés en 2015 dont personne ne peut dire combien de fanatiques religieux et terroristes et membres de familles de combattants de différents groupes islamistes encore actifs en Syrie, Iraq, ont trouvé refuge en Allemagne mais en premier lieu aussi en Italie, Espagne, France et autres pays de l´UE. Dans ce cas nous pouvons comprendre après les divers attentats terroristes en Europe que les gens ont peur ou ont la crainte d´en être aussi la victime. Il appartient donc aux diverses autorités politiques, médias, d´informer objectivement la population, sur la nature et les causes du terrorisme religieux et autres délinquances qui découle parfois de cet afflux de jeunes en provenance de ces pays concernés par ce conflit en Syrie, Iraq, Afghanistan mais aussi en provenance de l´Afrique du Nord .

    Il appartient aussi à ceux qui ont trouvé refuge dans nos divers pays de l´UE et qui sont originaires de ces pays musulmans ou islamiques que cela soit de Syrie, Iraq, Afghanistan, Turquie, d´accepter nos règles fondamentales de la démocratie, du respect des droits de l´homme et de la femme qui sont égaux devant la loi et dans la vie commune, respect de nos traditions, de la liberté de la presse, liberté religieuse sans vouloir imposer à l´un ou à l´autre ses point de vues, principes ou de vouloir imposer sa propre doctrine religieuse ou autre de son propre pays d´origine, dans un tel cas une intégration devient impossible et un retour dans le pays d´origine est sans une sage décision.

    J´approuve absolument la position et propositions du Président E. Macron de l´établissement de ces centres contrôles qui seront ouverts en Europe et aussi dans les pays de transit comme le Niger, Mali, Algérie, Tunisie, Maroc, et cela sous la gérance de fonctionnaires à l´Immigration de l´UE. Dont ces centres serviront à accueillir rapidement les réfugiés politiques et à reconduire les migrants illégaux dans leurs pays d´origine. Cela pourrait peut-être réduire les milliers de victimes, mortes par cette traversée de la méditerranée qui est devenu synonyme de cimetière pour l´Europe!

    J´ai passé plus de 50 ans à voyager presque dans tous les pays d´Afrique et du Moyen-Orient, et je devais demander un visa qui parfois coûte très cher. Je citerai un exemple en citant un voyage d´affaires au Kenya dont ensuite je devais me rendre en Ethiopie dont un jour avant mon visa avait expiré, j´ai été refoulé à l´Aéroport et j´ai dû annuler mon voyage!

    Comment donc pouvons-nous même pour des raisons humanitaires accepter que des centaines de migrants sans papiers puissent refuser de donner et prouver leur identité et origine? Dans ce cas, Je pousserai même plus loin les mesures à prendre même si devais être critiqué, et cela aller jusqu´à à interner ceux qui ont détruit leurs documents afin de simuler leur vraie identité.

  2. La Coupe du Monde 2018
    Au lieu de Casser, Casser, «GAGNER, GAGNER!»

    Enfin le Mondial de Football s´est clôturé par la victoire de la France qui maintenant détient après l´Allemagne la Coupe du Monde pour les prochaines 4 années.

    Que peut-on tirer comme leçons de cette coupe du monde sans entrer dans les détails et controverses politiques?

    Mon profond souhait est que cette Coupe du Monde gagnée par une équipe de jeunes footballeurs talentueux, disciplinés, enragés de gagner au lieu de casser, venant de différents horizons sociaux comme Kylian Mbappé, Paul Pogba,Ousman Dembélé,Nabel Fekir, Thomas Lemar, Wissam Ben Yedder, Kingsley Coman, Alexandre Lacazette, Anthony Martial, Mamadou Sakho, Moussa Sissoko, Kurt Zouma, Steve Mandada, et bien d´autres comme Olivier Giroux, Antoine Griezmann, Benoît Costil, Mathieu Debuchy, Adrien Rabiot, Lucas Digne, qui représentent tous le visage de cette France dans sa diversité multiculturelle, sont tous fiers de représenter la France.

    Cela doit être un exemple pour cette jeunesse qui se cherche aussi bien dans les banlieues et dans nos provinces les plus reculées de France, en prenant exemple sur cette jeunesse triomphante de cette équipe de France, à la fois disciplinée et explosive, fiers de représenter la France ainsi que nos valeurs démocratiques.

    Et cet objectif «Gagner, Gagner», la France le doit à un entraîneur de talent lui-même ayant gagné la Coupe du Monde en 1998, Didier Deschamps, maître des palmarès, a su former un collectif, une équipe solidaire, disciplinée, combative, un collectif ayant à tous les niveaux un sens de responsabilité et un objectif «Gagner, Gagner», Un Grand Merci à Didier Deschamps!

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