Sa réponse est là, certes. Est-elle à la hauteur des attentes ? Rien n’est sûr, mais c’est un bon début.

Après huit mois d’atermoiements, la réponse d’Angela Merkel arrive cahin-caha. Si le choix et le style peuvent surprendre, il n’échappe à personne que la Chancelière livre ses orientations alors qu’un gouvernement populiste et eurosceptique s’installe au pouvoir en Italie. C’est dire qu’il était grand temps.

Les propositions détaillées sont loin d’avoir un impact politique majeur. Nous sommes loin, très loin du discours de la Sorbonne, car elles ne livrent aucune vision nouvelle en soi.

Il serait plus judicieux de parler d’une petite liste d’instruments.
La réforme de la zone euro, l’avenir de la politique d’asile et de migration et les prochaines étapes de la politique étrangère et de sécurité : ce sont les domaines que Merkel détaille.

Dans le premier volet, la chancelière reconnait la nécessite d’une convergence économique entre Etats membres au sein de la zone euro. Le mot est lâché alors qu’il avait bien disparu du vocabulaire merkélien, à moins qu’il n’ait jamais réellement existé.

Rappelons pourtant que le contrat de coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates allemands prévoit un budget d’investissement pour la zone euro. Quant à Macron. il suggérait plusieurs points du PIB européen (14 825 milliards US $, en 2016). Merkel se contenterait volontiers d’un montant de ce budget « limité à deux chiffres en milliards d’euros ». L’ordre de grandeur est loin d’être commun et peut surprendre.

La proposition allemande de créer un Fonds Monétaire Européen ne peut alors surprendre personne.

C’est en effet l’idée d’une certaine indépendance vis à vis des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) qui est avancée. Un début de souveraineté européenne en fait. Cela ne peut pas nous déplaire face aux vétos potentiels américains.

L’idée consiste à pouvoir aider les pays membres en difficultés, à se substituer au FMI à l’échelon communautaire. L’autre rôle assigné serait celui de prêteur de dernier recours pour les institutions bancaires dès lors que les mécanismes déjà en place ne suffiraient pas. En échange des prêts, la conditionnalité est de rigueur avec un droit de regard sur les politiques nationales des États membres.
L’annonce semble cependant bien tardive alors que les 28 ont acté la transformation prochaine du Mécanisme européen de stabilité (MES). Les contours définitifs restent cependant à définir. La réponse cache pourtant un élément important, car l’idée du FME repose sur le court-termisme, cinq ans, contre des termes longs de 30 ans avec le FMI et les MES. Selon Merkel, l’organe devrait être intergouvernemental alors que la Commission Européenne prône sur un organe communautaire où elle garderait alors les rênes.

Les appréhensions de l’Allemagne resurgissent au grand jour.

Entre les lignes, nous pourrions soupçonner un manque de confiance en la matière envers les institutions européennes.
Au-delà, c’est l’analyse de la viabilité de la dette qui est au centre des préoccupations. La restructuration de la dette est la conditionnalité du programme au cas où la dette serait insoutenable. Le risque du transfert de la dette est tel que la chancelière veut garder la main.

C’est une préoccupation légitime certes, mais plus dictée par une instabilité politique importante en Allemagne à la veille d’élections régionales majeures. Merkel se doit de rassurer son électorat, l’opinion allemande redoute de devoir payer plus qu’elle ne le doit. Il ne peut être question de créer « une Union de l’endettement » en zone euro.

Le volet défense européenne : la réponse reste mitigée.

La proposition de Macron tourne sur la défense européenne s’articule, rappelons-le, autour de trois thèmes : une culture stratégique européenne commune, un budget de défense commun et une doctrine d’action commune. L’initiative se veut largement intergouvernementale.
Merkel se rallie donc à Macron sur la force d’intervention européenne. C’est une bonne nouvelle. Elle précise entre les lignes qu’elle doit se faire en harmonie avec les efforts de coopération de défense plus larges menés par l’UE (PESCO). L’engagement budgétaire reste cependant dans un certain flou : l’Allemagne est-elle prête à engager des ressources supplémentaires ? La question alors de savoir s’il existe une volonté politique concrète de prendre des risques et d’investir au nom de la défense de l’Europe existe vraiment. Pas uniquement en Allemagne du reste. Ce qui est sûr aujourd’hui, cela pourrait demander plus de temps, d’efforts et de courage qu’escomptés.

L’immigration, un défi existentiel pour l’Union Européenne.

La convergence des vues semble être au rendez-vous, il faut l’admettre. Concrètement, Merkel propose la création d’une police européenne des frontières et d’une agence européenne de l’immigration pour une meilleure évaluation des demandes d’asile.

En résumé, cela consiste à attribuer des compétences élargies. La question sera alors d’établir un devoir de solidarité renforcé et viable, capable de gérer les situations. Ne l’oublions pas pourtant, solidarité et responsabilité ne vont de pair dans la pratique, il faudra alors jouer l’équilibriste. L’exercice est alors délicat.

La lecture technocrate des propositions de la chancelière peut sans aucun doute remplir de nombreuses pages blanches.

Il faut retenir que la réponse de l’Allemagne n’est pas aussi ambitieuse que celles espérée après une si longue attente. La vision politique et l’audace manquent au rendez-vous. La démarche se veut timide, sans aucun doute dictée par les contraintes politiques nationales qui contraignent à la prudence dans l’action. Les éléments de réponse ont néanmoins le mérite de constituer une bonne base de départ pour les futurs pourparlers et présentent des axes de réflexion intéressants.

À recommander, la lecture « Merkel on EU reform: a decryption« , en langue anglaise.
Auteurs: Dr. Nicole Koenig, Lucas Guttenberg, Lucas Rasche
Source: Jacques Delors Institut, Berlin

Une réponse sur “Sa réponse est là, certes. Est-elle à la hauteur des attentes ? Rien n’est sûr, mais c’est un bon début.”

  1. La crise actuelle au sein de la coalition «Groko» fait trembler l´édifice de l´UE et aussi met de nouveau en question le soutien de l´Allemagne à la relance des réformes prévues dans l´UE en particulier les mesures urgentes à prendre sur la question de l’immigration clandestine. Toutes ces questions sont reportées ou remise en question par la crise actuelle entre la CDU et CSU.
    Le thème est repris par divers articles publiés dans le Süddeutsche Zeitung dont je cite certains passages:

    Süddeutsche Zeitung
    Der Tag kompakt
    2. Juli 2018, 18:51 Uhr Horst Seehofer: Ich drohe, also bin ich!
    24 Stunden nach seiner Rücktrittsankündigung tritt Innenminister Seehofer vom Rücktritt zurück. Chronologie einer politischen Geisterfahrt.
    Von Roman Deininger, Nico Fried, Robert Roßmann und Wolfgang Wittl
    Man glaubt es kaum, aber sogar in Bayern geht nach der Nacht der Nächte wieder die Sonne auf.

    Où va mener la crise „Allemande“ entre La grande sœur la CDU et la petite sœur, capricieuse et bornée la CSU!
    Jusqu´où va mener cette dispute entre les deux sœurs l´une chrétienne-démocrate (CDU, droite) d’Angela Merkel et l’Union chrétienne-sociale (CSU), sa « sœur » bavaroise? La CSU, dirigée par le nouveau Ministre président Marcus Söder s´inspire de la politique autoritaire de dirigeants comme Viktor Orbáne en Hongrie, Slovaquie ou le FiS en Pologne, l´AKP et Erdogan, qui sont tous issus de partis ultra-conservateurs qui représentent une idéologie dépassée datant du 19ème et 20ème siècle.

    SZ Ingrid Fuchs:

    „Seehofer bringt die CSU-Elite in Schwierigkeiten. Die Rücktrittspläne des Parteichefs kommen zu früh für die Karrierepläne des Landesgruppenchefs Dobrindt. Und auch Bayerns Ministerpräsident Söder muss wohl seinen Plan ändern – er kann keinen anderen Kandidaten für das Amt des CSU-Parteivorsitzenden zulassen, will die Aufgabe aber auch noch nicht selbst übernehmen, analysiert Ingrid Fuchs.“
    Le Ministre de l´intérieur Mr. Horst Seehofer et son Ministre-Président Marcus Söder, par ambitions personnelles, par sectarisme, par stupidité intellectuelle, par leur ultra-régionalisme et ultranationalisme du siècle passé qui a coûté la vie à des millions d´êtres humains, sont sur la voie d’un populisme nationaliste. Cette crise politique à Berlin risque de mener à une déstabilisation grave de la politique en Allemagne aux conséquences incalculables aussi pour la stabilité de l´UE qui risque d´implosion ou de l’éclatement. Dans ce cas, il ne restera comme solution «en plan B» que de la formation d´une nouvelle coalition CDU/SPD/Verts ou CDU/SPD/FDP ou dernière alternative avec de nouvelles élections avec une issue incertaine dont le parti d´extrême droite l´AfD sera la grande profiteuse avec peut-être plus de 20% et dans ce cas un «déjà Vu» de 1933! Cette hypothèse déjà repoussée par divers hommes politiques, experts, philosophes et autres représentants de notre élite, oublient qu´en 1923 les nazis n´avaient pas plus de 7% de voix et en 1933 plus de 37% et Hitler est arrivé au pouvoir pour cause de défaillance du système démocratique et la trahison ainsi que la «débandade» des partis démocrates, et par la collaboration des ultra-conservateurs avec les nazis. Et il y a de nombreux autres exemple qui démontrent comment les édifices et piliers de la démocratie peuvent s´effondrer !
    Sans oublier en l´occurrence en Turquie, où s´est incrusté dans la société dont depuis Atatürk plus de la moitié était laïque, un courant islamiste conservateur qui enfreint toutes règles démocratiques, restreint la liberté de la presse et des citoyens/nes dont des milliers de personnes sont emprisonnées. On assiste à une mainmise du pouvoir sur la justice et sur toutes les institutions. Cette mixité d´un populisme nationaliste, ultra-régionaliste, qu´il soit d´origine islamiste ou d´origine catholique comme en Bavière, Hongrie, Pologne, Catalogne, ou d´origine protestante comme dans les nouveaux «Länder» avec «Pegida» et l´AfD un parti ultranationaliste. Un de ses dirigeants Alexander Gauland avait préconisé de se débarrasser «Entsorgen» comme sous les nazis, de jeter aux ordure en Turquie une député Mme Özoguz responsable de l´Intégration qui est d´origine Turque. Une autre citation et celle formulée sur les atrocités causées sous le régime nazi. D´après M. Alexander Gauland, ce chapitre n´est qu´une «petite merde d´oiseau» en comparaison à la longue histoire glorieuse d´un millénaire de l´Allemagne! Toutefois, en oubliant de citer qu´en quelques plus de-8 ans plus de 65 millions d´êtres humains sans oubliés les 6 millions d´européens de confession juive qui ont été massacrés, exterminés, fusillés en masse ou entassés comme des animaux dans des trains qui conduisaient à la mort dans les camps de concentration .. Et quelles poursuites juridiques ont été engagées envers un tel démagogue, raciste, nationaliste? Rien, aucune! Il continu avec d´autres de plus de ses 92 députés de l´AfD au «Bundestag» à rependre en Allemagne leur venin de l´idéologie nazie. Quelle différence peut-on y voir avec d´autres pays qu´ils soient orthodoxes comme en Russie, islamistes, ultranationalistes? Aucune différence, nous retrouvons ces mouvements populaires nationalistes, dans tous ces pays susnommés sans oublier les USA avec Donald Trump, sur la voie d’un populisme nationaliste.

    Pouvons-nous de nouveau fermer les yeux devant une réalité de ce déjà vu de 1933? Sommes-nous aussi incrédules de croire que nos sociétés, nos citoyens sont immunisés contre ce virus de l´ultranationalisme qui nous montre de nouveau son visage hideux avec Pegida, l´AfD en Allemagne, Marine le Pen en France, Hongrie, Pologne, Slovaquie, Tchéchène, Turquie, USA avec Trump?

    Peut-être, effectivement reprenant le discourt de la Sorbonne du Président E.Macron, il y a une phrase qui pourrait être mise en pratique pour un « ultimatum plan «B» REFONDER L´UE» ou de ce qui en restera de pays démocratiques acceptant toutes les règles démocratiques fondamentales d´une Europe Unie, démocratique, sociale, solidaire, sécurisante et ayant pour objectifs défendre les droits universels de l´être humain et de la paix partout dans le monde sans distinction de l´origine.

    Asylstreit in der Union: « Wir stehen am Abgrund » – Politik …
    http://www.sueddeutsche.de › Politik › Bundesregierung
    vor 18 Stunden – Asylstreit – Sondersitzung CSU-Vorstand Horst Seehofer. Bleibt er? Geht er? … Feedback. 24 Stunden nach seiner Rücktrittsankündigung tritt Innenminister Seehofer vom Rücktritt zurück. Chronologie einer politischen Geisterfahrt. Von Roman Deininger, Nico Fried, Robert Roßmann und Wolfgang Wittl.

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