La souveraineté, ce mot que l’Europe doit redécouvrir, comprendre et rapidement assumer.

La souveraineté, selon Larousse, se résume en quelques lignes comme étant « [le] pouvoir suprême reconnu à l’État, qui implique l’exclusivité de sa compétence sur le territoire national (…) et son indépendance absolue dans l’ordre international où il n’est limité que par ses propres engagements ».

La définition est simple et complexe à décrypter dès lors que nous tentons de transcrire celle-ci vers le modèle européen.
L’Union Européenne est une communauté constituée des États membres et souverains qui la composent. En termes de souveraineté intérieure, ces mêmes États transfèrent certains droits de décision. Ceux-ci sont alors exercés par des institutions créées et mises sur pied. La souveraineté extérieure de l’Europe passerait alors par une indépendance politique de l’Europe, par le respect de son intégrité, au sens large du terme, et enfin par la reconnaissance au niveau mondial.

L’Union européenne traverse une crise existentielle.

Georges Soros a été direct et sans équivoque le 29 mai dernier : l’Europe est en temps de guerre. Prophétie ou pas, les propos interpellent, quitte à nous choquer.
Ayons cependant le courage et l’honnêteté de reconnaitre une certaine asynchronie de plus en plus visible et ressentie : l’intégration économique est plus rapide que l’intégration politique. De par ce déséquilibre, la construction européenne devient de plus en plus complexe.

Pourtant, elle devrait être synonyme d’émancipation et de libération.

Plusieurs vagues d’euroscepticisme frappent les scènes politiques en Europe, avec la Hongrie ou encore l’Italie tout dernièrement. Toutes se nourrissent du sentiment d’impuissance, voire d’inutilité de l’Union Européenne. Le doute s’y installant, le repli sur soi devient un réflexe profondément ancré.

Les effets de la mondialisation renforcent ce sentiment pour beaucoup. Ce sont non seulement les frontières physiques qui tombent, mais aussi commerciales, industrielles qui s’effacent. Alors rien de plus normal, voire légitime, que de s’attacher à la souveraineté intérieure. Toute transposition à un niveau plus élevée est ressentie comme une perte de celle-ci.

Ne serait-il pas alors plus juste d’affirmer que le paradigme de l’État-nation souverain et protecteur est en crise ?

La difficulté des Nations à défendre leurs propres valeurs est établie, celle d’assurer leur liberté extérieure devient un casse-tête récurrent. Le constat est amer qui plus est dès lors que des nations voisines réussissent à juguler les maux avec des résultats probants. Cela affecte le capital confiance des citoyens à son endroit. Ils constatent une forme d’impuissance de leur nation, peut-être d’incapacité également. L’argument de la faute à l’Europe n’est alors plus très loin.

L’Europe, cet Objet Politique Non Identifié

Ce vocabulaire n’est autre que celui de Jacques Delors. De nombreux thèmes, comme celui de la supranationalité, ont été rayés des agendas politiques, à tort.
La construction européenne exige une intégration politique à tous les niveaux : local, régional, national et supranational. L’Europe n’est pas un rêve, elle est une puissance aussi bien économique que politique.

Il serait temps de le comprendre et de retrousser les manches face un monde globalisé qui utilise chacune de nos faiblesses à nos dépends.

La souveraineté européenne est une notion politique significative.

Car l’union fait la force, le syndicalisme en est une preuve. Ce pouvoir communautaire s’articule autour de cinq piliers que sont la sécurité, la croissance, la protection commerciale, le développement durable et le numérique. L’enjeu consiste alors à renforcer la coopération entre les pays européens autour de ces pôles.

La souveraineté se construit à tous les niveaux que nous avons cités plus haut. Elle  rassemble et conjugue nos efforts, elle approfondit et renforce la collaboration entre les pays membres. L’omnipotence innove et protège et assure une indépendance économique, environnementale et politique.

Bâtir une souveraineté européenne, ce n’est pas reconnaître le statut de souverain à l’Union Européenne, mais bien de fédérer les puissances nationales autour d’elle. Parlons alors de capacité d’exister.

Nous avons à défendre des intérêts essentiels et des valeurs fondamentales. Sans pouvoir être un bouclier invincible ou déflecteur, cette puissance, qu’ensemble l’Europe peut opposer aux défis contemporains, protège les pays membres. Cela induit en aval de mieux comprendre le rôle des états-nations tout comme leurs rapports avec l’Union Européenne.

Les mises à l’épreuve sont actuelles, c’est le baptême du feu.

Et les rebondissements ne manquent pas avec les décisions incontrôlées que Donald insuffle dans le paysage géopolitique mondial.
Il joue sur le thème environnemental avec le retrait américain du traité de Paris. « Make the planet great again » profile subitement une Europe sur le devant de la scène écologique, une Europe qui rassemble.

Trump continue avec la dénonciation de l’accord sur le nucléaire iranien, il va plus loin, il menace les éventuels contrevenants. L’Europe affirme sa volonté de continuer et minimise les menaces proférées, une Europe qui résiste.

Parce que deux jamais sans trois, le président américain impose des taxes douanières sur l’acier et l’aluminium. L’Union Européenne réplique à ce coup de force par un catalogue de nouvelles taxes car elle est première puissance commerciale mondiale, ne l’oublions pas… Une Europe qui refuse.

Chacun est libre d’apprécier les gesticulations d’Outre-Atlantique selon ses propres considérations.

Celles-ci constituent néanmoins d’excellents tests sur la capacité de l’Europe à endosser sa puissance économique et politique.

L’effet collatéral en Europe est une prise de conscience générale sur la nécessité de refonder l’Union Européenne. Établir la souveraineté européenne, l’Europe en a le pouvoir et les moyens, il lui manque encore la volonté de l’assumer pleinement. Nous nous y employons.

 

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