Du désintéressement à la solidarité politique avec Emmanuel Macron

J’ai toutes les raisons d’être surpris à lire dernièrement un article du Spiegel implorant presque la Chancelière de soutenir enfin les propositions du Président E. Macron. Plaisanterie, blague ou encore une étincelle face à la réalité de l’actualité ? Difficile alors d’appréhender sereinement un tel revirement d’opinion et de dialectique. Vous allez rapidement comprendre pourquoi.

Trump est incontrôlable, nous le savons maintenant.

Ses décisions, commentaires et prises de positions toutes aussi acerbes qu’imprévisibles n’incitent qu’à se secouer la tête et hausser les épaules. Cette onde de choc est telle que beaucoup aujourd’hui contredisent aujourd’hui ce qu’hier ils affirmaient haut et fort.

Les dommages collatéraux sont nombreux : politiques, économiques, environnementaux. Les boussoles de la raison ont certes toutes les raisons de s’affoler face au déferlement irrationnel du milliardaire américain. Georg Blume cependant mettait en avant le 11 juin un constat digne d’un bon thriller.

Merkels späte Reue nach dem Trump-Schock – Kanzlerin und Vizekanzler wanzen sich an den französischen Präsidenten Emmanuel Macron heran. Donald Trump und die eigene Konzeptlosigkeit lassen ihnen keine andere Wahl.

Soyons francs, remercions Donald pour ce sursaut, il en est l’initiateur. Sa tentative de diviser pour mieux régner semble échouer.

Mais attention, un magicien a toujours plusieurs tours dans son sac.

Le travail du journaliste est celui d’informer, de remettre en question, d’interroger. Nous pouvons certes être parfois irrités par des manques d’objectivité dans les propos tenus ou par une maturité déficiente du sens de l’analyse. L’ex-chancelier Helmut Schmidt rappelait à juste titre en 2009 :

« Le bon journaliste est un empêcheur de juger en rond »

« Un bon journaliste pose d’abord des questions gênantes. …

Les journalistes sont pressés, censurés, virés, et d’ailleurs, peu importe ce qui est écrit»

 

Reconnaissons alors la justesse que Georg Blume livre dans son analyse de la situation actuelle au sein de l’Union Européenne et surtout dans les relations franco-allemandes. Allons plus loin aussi, et tenons compte aussi des tensions entre la CSU et la CDU.

La liberté est donner à chacun de critiquer, parfois même de provoquer. Si cela est un droit acquis, le devoir attendu est celui de proposer, il est légitime parce que la réciprocité l’exige. Proposer des solutions, initier des projets, élaborer des plans, c’est ainsi que les choses évoluent, que les mentalités et les comportements changent.

L’argument devenu réflexe au fil du temps, c’est de mettre en avant la question du coût que le contribuable allemand devrait supporter. Si celui-ci avait une certaine légitimité au-début de cette décennie, il devient désuet et inapproprié. Aux coûts il serait logique d’opposer les gains, cela serait juste. De cela pourtant, on ne parle peu.

Les nuages noirs s’accumulent à l’horizon.

Un changement politique majeur avec l’inéluctable Brexit dont personne aujourd’hui ne sait en mesurer les conséquences, les britanniques les premiers du reste. Un nouveau gouvernement populiste en Italie s’avance sur la scène politique européenne avec un risque de blocage des réformes nécessaires au sein de l’Union Européenne.

N’oublions pas hélas ces pays membres du Višegrad qui n’hésitent pas à violer les valeurs fondamentales pour lesquelles nous aïeuls se sont engagés et qu’ils ont défendues. J’oublie encore la crise de l’Euro, les défauts de fonctionnement des institutions, les partis d’extrême-droite opposés à l’extrême-gauche mais unis tous contre l’Europe. Bref, la liste est longue…

Wie kommt es zum plötzlichen Sinneswandel in Berlin? Und vor allem: Wie ernst ist er gemeint?“

Il est alors grand temps de passer de la phase de désintéressement vers une solidarité politique au niveau européen !

Merkel et Scholz semble définitivement s’’éloigner de la ligne dure qui aura marqué les débuts de la Groko, celle qui s’orientait vers les intérêts nationaux allemands. Le constat est dur de devoir être seuls face à la politique allemande.

L’épisode Trump est une gifle et une prise de conscience pour l’Allemagne, dans la confrontation commerciale qui s’engage. Elle ne pourra pas et ne réussira pas à sortir grandie. Dans de tel cas, c’est bien souvent l’union qui fait la force. Vous parlez union? Celle-ci est sans aucun doute incarnée par l’Union Européenne.

Admettons alors que le plan A soit aujourd’hui celui que Macron et En Marche ! défendent.

Il reste très difficile de discerner un plan B, celui de la chancelière et du vice-chancelier. Après tant d’hésitations politiques, le déroulé des évènements contraint de reconnaître que la solidarité avec Macron dessine le chemin directeur pour les prochaines années.

Lire l’article dans son intégralité (en langue allemande)
Autour : Georg Blume
Source : Spiegel Online, le 11 juin 2018

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