La République En Marche! s’invite dans la presse allemande. Un tour d’horizon.

La République En Marche!, parti politique ou mouvement populaire ? À vrai dire, la presse allemande y perd quelque peu son latin et ses repères. Elle a cependant le courage de s’y intéresser pour mieux comprendre. Accompagner la démarche devient alors un devoir.


« Macron hat mit seiner Wahl die politischen Koordinaten verschoben.(…) Kann man alles neu und anders machen und trotzdem die demokratische Repräsentation gewährleisten, diese wesentliche Funktion eines Parteiensystems? »

Sous le titre „Das Experiment » (Spiegel N° 17 du 7 avril 2018), son auteur, Julia Amalia Heyer, analyse le risque politique de l’expérimentation en France.

Un projet osé, jamais tenté. Une audace qui consiste à s’affranchir d’une logique droite-gauche ou encore majorité-opposition.
Né de presque rien, comment le dynamiteur Macron et son équipe d’artificiers peuvent-ils arriver à faire de La République En Marche ! un parti politique. Un parti capable de gagner l’adhésion des Français autour d’un projet citoyen. Une situation qui laisse une presse allemande dubitative mais aussi très curieuse.

Le meilleur moyen est alors de se plonger dans les mécanismes du mouvement.

C’est déjà la première difficulté à appréhender : LaREM, c’est avant tout un mouvement. Qui rassemblent 4000 comités, qui comptent presque 400.000 adhérents. Un nombre qui fait tournée la tête Outre-Rhin. La deuxième difficulté, c’est de comprendre que LaREM mise sur le charisme d’un homme. Lui, c’est Emmanuel Macron, c’est le commandant de bord. L’idée, elle, est très simple : le retour du citoyen dans la vie politique. „Das Volk, der Souverän, ein uralter Gedanke.“

La journaliste a parfaitement raison quand elle souligne le caractère start-up du mouvement à sa naissance. Une rupture complète pilotée par une bande de fous du numérique, de la communication. La comparaison avec de scouts peut faire sourire, elle n’en reste pas moins flatteuse. Car les scouts, chacun le sait, sont très structurés.

Comment alors conjuguer renouveau politique, réformes profondes avec enjeux politiques quand les structures sont encore fragiles ?

Cela peut ressembler en effet à une véritable course contre la montre. Pourquoi alors ne pas tenter une définition du macronisme ? Par exemple par l’heureuse combinaison de la liberté individuelle, de la responsabilité personnelle et d’un sens aigu du collectif. Chacun est libre de trouver sa propre réponse.

« Jenseits des ständigen Drangs der Macronisten zur Kommunikation, der Facebook-Liveauftritte und der Selfies, die dauernd im Twitter-Feed aufpoppen, gibt es Menschen (…) bei LREM, intelligent, effizient. Es ist das Verdienst von Emmanuel Macron, solche Mitstreiter für seine Politik gewonnen zu haben. »

Il s’agit de mobiliser les compétences des unes et des uns autour du thème central de la transformation du pays. En clair : refonder et changer en profondeur. On ne parle pas de réforme car trop ringard peut-être mais surtout trop significatif d’échec ces deux dernières décennies. La nuance est de poids. Il est hors de question alors de retomber dans un schéma politique classique. LaREM s’inspire largement de la méthodologie de l’entreprise.

Start-up j’écrivais  quelques lignes auparavant, non ? Voyez-vous, la boucle est bouclée.

« An diesem Samstag beginnt das nächste große Projekt, die Operation »Grande Marche pour l’Europe«, der Große Marsch für Europa. (…) Es ist eine Erhebung, eine Art nationales Auditing, das da stattfinden soll und das es so schon einmal gab – als alles begann. Dieses Mal aber geht es um die Europawahl im nächsten Jahr, es ist die reife Prüfung für Macron und seine junge Bewegung. »

Les Marcheurs remettent les couverts, comme en 2016. Une méthode nouvelle au service de la démocratie pleine et entière. Cette fois-ci, c’est l’Europe qui occupe le terrain, cinq semaines durant. Car la France ne peut se dissocier du projet européen.
Légitime alors ce regain d’intérêt de la presse allemande envers le phénomène En Marche ! Comment un mouvement qui se dit ne pas vouloir être un parti, qui reconnait cependant devoir se structurer comme un parti, peut-il susciter tant d’enthousiasme ?
La réponse est simple en fait. Il s’attaque aux problèmes de fonds non résolus, il corrige à la racine mais pas aux symptômes. Il fait ce qu’il a dit, sans trahison politique.

Une conclusion s’impose, mais cette fois-ci, ce ne sera pas la mienne, mais celle d’Hanna Giffiers.

„… vor Macron hat kein französischer Politiker die Bürger so systematisch und detailliert nach ihrer Meinung gefragt. Und damit signalisiert: Ich bin offen für eure Ideen. Emmanuel Macron scheint weiter zu sein als das französische System selbst. Vielleicht gelingt ihm eine schleichende Revolution, indem er Macht verlagert. Vom Zentrum an die Ränder. »

Mesdames, nous vous remercions en toute sincérité pour vos analyses et la clarté que vous apportez.

Les repères dans la presse allemande:

Der Spiegel, n° 15 du 7 avril 2018, « Das Experiment », auteur : Julia Hamalia Heyer, en langue allemande

« Kabinett von Emmanuel Macron. Voilà, die Neuen », en langue allemande
Auteur : Hanna Gieffers
Source Die Zeit Campus du  11 avril 2018

Une réponse sur “La République En Marche! s’invite dans la presse allemande. Un tour d’horizon.”

  1. Merci pour ce site. Franco-allemande et marcheuse en RNW je suis de très près les media en France et en Allemagne. Ce site me simplifiera la tâche et me fera gagner du temps..

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