Refonder l’Union Européenne ; pouvons-nous compter sur l’Allemagne ?

Refonder l’Europe : oui, sans aucun doute. Tout le monde, ou presque, tombe d’accord sur cette nécessité légitime. La question est de savoir comment. Un tour d’horizon des presses françaises et allemandes après la dernière rencontre du Président E. Macron et la Chancelière Angela Merkel.

Car le parcours à faire est encore plein d’embûches.

Stefan Ulrich, de la Süddeutsche Zeitung commente „Europas Aufbruch hängt von Merkel ab. (…). Emmanuel Macron wartet seit langem darauf, dass Angela Merkel auf seine Europa-Vorschläge antwortet. Bislang hat sie ihn vertröstet, doch das muss sich nun ändern.“

L’immobilisme politique allemand devrait toucher à sa fin. La preuve en est : le Ministre allemand des Affaires Étrangères, Heiko Maas, est parti de suite après sa nomination vers Paris pour s’entretenir avec son homologue français. Comme de coutume, c’est à la France que la dirigeante allemande a réservé sa première visite à l’étranger après son élection.

Le couple franco-allemand redémarre, le couple « Merkron » (Merkel-Macron) suscite des espoirs certains.

«Macron, c’est un pouvoir jeune et fort ; Merkel, c’est un pouvoir ancien et fragile. Mais ils n’ont aucune autre solution que de travailler ensemble, il leur faudra être très pragmatique»

Seulement voilà, la Chancelière Angela Merkel est fragilisée. Pour pouvoir constituer cette nouvelle coalition, elle a dû faire des concessions, et pas n’importe lesquelles, envers certains des membres très réservés, voire hostiles aux propositions du Président E. Macron.

Or, Emmanuel Macron a besoin de l´assentiment et du soutien de l’Allemagne pour refonder la construction de l’Union Européenne par des réformes très ambitieuses.

Rappelons les principales : un budget et un ministre des Finances pour la zone Euro, harmonisations fiscales sur l’impôt sur les sociétés, la généralisation d’Erasmus, une défense européenne made in Europe, une réforme de la politique agricole commune, une taxe sur les transactions financières pour l’aide au développement et biens d´autres encore. Le programme est loin d’être complet, heureusement!

Toutefois, cette révolution à la « française » ne suscite pas une adhésion inconditionnelle, les allemands recherchent plus la stabilité, même si cela ressemblerait quelque peu à une forme d’immobilisme rassurant. Les réformes proposées déjà se heurtent aux résistances voire rejets par certains membres de la CDU mais principalement de la CSU. Pourtant, ils ne sont pas les seuls en Europe : les Pays-Bas l’Irlande, Lettonie, la Lituanie, la Suède partagent ce point de vue

La grande question est de savoir si la Chancelière Angela Merkel est prête à affronter les résistances dans ses propres rangs dans ce nouveau gouvernement, … ou non.

Alors, où donc vont nous mener ces jeunes loups engagés dans le nouveau gouvernement allemand, plus tentés par une politique conservatrice pour satisfaire leurs adhérents parfois aussi ultra-nationalistes ?

Des questions, il y en a, des réponses, en revanche non ! Par exemple dans les talk-shows comme celui d’Anne Will le 12 mars dernier 2018.

Tous ces jeunes politiciens en Allemagne, ces jeunes loups qui ont grandi dans cette Europe unie, quels sont donc leurs visions, leurs programmes et leurs projets pour l’Europe ?

Beaucoup d’entre eux ont eu la chance de vivre dans des familles sans problèmes, stables, parfois privilégiées. Ils ont été cajolés, parfois gâtés peut-être. Ils ont bénéficié d´une jeunesse dorée, d’une parfaite éducation. Ils ont pu se déplacer dans une EU sans frontières, étudier dans n’importe quel pays grâce à Erasmus. Ils peuvent vivre là où bon leur semble, bénéficient d’une mobilité totale dans une Europe qui offre une paix depuis des décennies.

Car ces « jeunes loups  » n’ont pas connu ce que c’est que de survivre à la faim, à la guerre, à la peur. Dans ces conditions, il est quelque peu incompréhensible que beaucoup d’entre eux puissent adhérer aux idées d’une idéologie ultranationaliste, cette résurgence du passé.

En cette année de centenaire, il reste à mieux comprendre la philosophie et l’idéologie politiques que ces jeunes loups vont vouloir suivre et défendre. Le temps joue quelque peu contre nous car, oui, le temps des promesses est passé.

C’est celui d’acter, d’agir qui est actuel.

Si Emmanuel Macron a fait de nombreuses propositions concrètes pour refonder l’Europe. L’Allemagne a maintenant les moyens politiques de lui répondre, c’est à elle de reprendre l’initiative. Intérieurement, chacun de nous sait que nous pouvons compter sur notre partenaire comme il le fait depuis le traité de l’Élysée.

Continuez la lecture de l’article « Europas Aufbruch hängt von Merkel ab » (en langue allemand).

Auteur : Stefan Ulrich
Source : Süddeutsche Zeitung du 16 mars 2018

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