Che Bordello! L’actualité politique souffle le froid et le chaud sur le projet européen.

Che bordello, quel bordel ! Un mot cru qui résume bien le carrousel politique qui s’est joué ce week-end en Europe. Dallas n’est rien à côté. Permettez-moi alors de vous résumer l’imbroglio.


Commençons alors par la bonne nouvelle : l’Allemagne est maintenant prête à s’engager pour une Europe plus forte !

Avec plus de 66% des voix, les militants sociaux-démocrates du SPD allemand ont validé le projet de coalition avec les conservateurs de la CDU et de la CSU. La paralysie institutionnelle est donc levée Outre-Rhin, cela est en tout état de cause une bonne nouvelle pour l’Europe.
La fin des blocages va donc pouvoir relancer le couple franco-allemand dès lors que la Chancelière Merkel sera réélue et le gouvernement de coalition en place. Cette stabilité entre la France et l’Allemagne est un facteur essentiel. Cela étant, la construction européenne peut reprendre dans quelques semaines.

La contrariété arriva tard dimanche, avec le résultat des élections législatives en Italie.

Les italiens ont donc voté ! Leurs votes constituent en soi un véritable rejet de l’Union Européenne. Nous pourrions certainement motiver cette issue démocratique comme étant une sanction du manque de solidarité de cette même Union dans la crise migratoire. Même si légitime et fondé, cela n’explique pas tout. À la recherche d’une offre nouvelle, les élections législatives italiennes marquent la victoire des eurosceptiques. Car oui, il faut bien le comprendre, les partis traditionnels sont fatigués, las, ils ne convainquent plus du tout.

Out of date ? Cette situation, nous la connaissons bien en France, nous savons de quoi nous parlons.

Le problème cependant est que, faute d’alternatives, les partis extrémistes et/ou populistes se saisissent de cette opportunité pour cultiver une forme particulière de l’irrationalité : celle de la peur. Quelque part, une certaine forme de radicalisation de l’échiquier politique, soyons-en conscients.
Nathalie Loiseau, ministre des Affaires Européennes, parle « de dégagisme et de soif de renouvellement ». Plus modérée dans ses propos, elle résume parfaitement la situation.
La situation transalpine est préoccupante. Elle pourrait contrarier les projets de relance européenne. Elle met en évidence la nécessité d’un projet rassembleur autour de cette Vieille Europe. Loin d’être une banalité, elle se doit de répondre concrètement aux préoccupations du citoyen européen, c’est-à-dire celle de tous les jours. L’Europe ne doit pas être uniquement une multitude de textes, de paragraphes et d’alinéas, elle se doit d’offrir des perspectives. Normative, elle se doit de rester fédératrice avant tout.

Aussi doit-elle fonctionner correctement au risque de nourrir le tissu extrémiste.

Définir cette offre nouvelle, c’est avant tout impliquer le citoyen européen dans son élaboration. Parlons alors plus de consultation citoyenne pour nettoyer cette vague de déception et de scepticisme. Entendre, écouter, comprendre. Simple et compliqué à la fois. Passionnant pourtant.

Parler de bordel, ce n’est pas susciter la polémique et encore moins la vouloir. C’est tout simplement nous rappeler que nos actions doivent converger pour justement éviter un tel état de fait.

Si notre projet lui est déjà là, celui d’En Marche, il nous faut alors chercher le dialogue avec nos voisins européens. Il ne pourra alors que devenir meilleur et s’enrichir pour une Europe forte et unie.

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