Que peut attendre l’Union Européenne et la France d’une nouvelle coalition CDU/CSU/SPD ?

Attendre et toujours attendre… Toutefois, il était grand temps que le SPD et ses dirigeants, en particulier son leader Martin Schulz, découvrent, voire redécouvrent l’importance économique et le rôle joués par l’Union Européenne.

Néanmoins, nous sommes en droit d’être très sceptiques en regardant à posteriori les images de la campagne pour le Bundestag de l’ancien Président du Parlement Européen. Peu de drapeaux européens, peu de slogans et d’arguments, la grande absente dans son discours fut bel et bien l’Union Européenne.

La dernière déclaration de Martin Schulz est dans ces conditions quelque peu surprenante.

En posant des conditions pour engager des négociations sur les États Unis d’Europe d’ici 2025, son objectif a de quoi réjouir un grand nombre d’européennes et d’européens.

Elle a surtout eu le mérite d’irriter les négociateurs partenaires conservateurs de la CDU/CSU. Cette déclaration complique et embarrasse. La CSU est confrontée en Bavière à une poussée nationaliste que sa proximité géographique avec la Hongrie de Viktor Orbán ne simplifie certainement pas.

L’Europe, la grande absente de la campagne électorale.

La CDU, elle non plus, n’a pas mis le thème européen au premier plan. Seul point marquant, la déclaration simple mais encourageante de la Chancelière pour les réformes entreprises par le Président Emmanuel Macron en France. On ne peut pas franchement parler d’un engagement sur l´Europe.

Dans les pourparlers en cours, quels sont les enjeux réels pour le parti conservateur de la CSU ?

Certes la CSU est préoccupée par les prochaines élections en Bavière et par la peur de perdre leur majorité absolue dans leur bastion bavarois. Mais honnêtement, nous assistons à un théâtre de clowns qui laisse l’impression de vouloir torpiller plus que de construire. Les provocations stupides et loufoques ne manquent pas, mais comme souvent, elles ne sont pas fondées, voire tendanciellement nationalistes, voir populistes.

« Konservativ ist wieder Sexy « , « Wer soll das bezahlen », et bien d’autres encore, suggèrent à tort.

La réalité est bien souvent différente. Oui, l’Allemagne avec 13 milliards d´Euro finance le Budget de l´UE, Seulement voilà, elle n’est pas la seule. La France y participe avec 8 milliards, tout comme tous les autres membres de l’UE. Il est cependant légitime ici de rappeler, que l’Allemagne est la plus grande profiteuse du marché intérieur de l’Union européenne, souvent au détriment de ses autres partenaires… comme la France !

Que peuvent attendre l’Union Européenne et la France d’une nouvelle coalition CDU/CSU/SPD ?

Dans les faits : une coalition qui sera en plus ou moins instable sur les questions européennes, un parti social-démocrate SPD en crise de renouveau, les conservateurs de la CDU et de la CSU s’inquiétant surtout du coût des réformes proposées par le Président E. Macron ?

Une chancelière Angela Merkel politiquement fragilisée par sa politique « HUMANISTE » à l’immigration. Une chancelière qui devra composer et tempérer le nouvel élan pro-européen de Martin Schulz. Mais aussi critiquée au sein même de son parti.

Elle devra faire face à la fronde de certains jeunes politiciens ambitieux et intrigants de la CDU, comme Jens Spahn, et canaliser les mouvements. Or, pour devenir le dirigeant de la première puissance économique en Europe, il faut faire preuve d’envergure et de charisme. La relève sera difficile, qu’on se le dise.

L’autre difficulté est le recentrage des conservateurs de la CSU vers des thèmes plus à droite. Ils offrent parfois des similitudes avec ceux de l’extrême-droite des populistes de l’AfD. La CSU pourrait alors descendre en dessous des 30% des suffrages exprimés en septembre prochain.

Imaginons alors que dans deux ans, Angela Merkel décide de jeter l’éponge, lasse de tout ce poids , de ces intrigues et de ses intrigants !

Il faut alors souhaiter, qu’elle aura le temps en deux ans de trouver un véritable successeur. Femme ou homme – dans un souci de parité , pro-européen convaincu, progressiste, partisan convaincu du renouveau démocratique de l’Union Européenne.

2018 nous rappelle la tragédie de 14-18 dont la cause majeure fut le nationalisme.

Ce centenaire devrait raviver la flamme d’une Europe forte et démocratique. Il faut alors espérer que la future coalition allemande saura répondre favorablement aux propositions du Président Emmanuel Macron.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *