Les députés allemands honorent leurs homologues au Bundestag dans un projet commun de résolution.

Députés allemands et français étaient réunis ce lundi 22 janvier pour un anniversaire de taille : celui du Traité de l’Élysée. Les uns étaient présents, les autres ont manqué le rendez-vous…


55 ans déjà que de Gaulle pour la France et Adenauer pour l’Allemagne ont signé conjointement le traité de l’amitié entre les deux pays, maintes fois ennemis, devenu enfin amis.

L’événement est de taille, il est historique. Il scelle le moteur que nos deux pays forment à l’unisson dans la construction européenne.  Ce moment est historique parce qu’il est en exercice depuis plus de cinq décennies. Il démontre les volontés politiques des deux côtés du Rhin.

Certes, il y a toujours des frictions et des querelles. Soyons honnêtes entre nous, cela est normal dans une relation qui est tout sauf de la routine. Sur le fond cependant, allemands et français s’entendent bien, travaillent  ensemble, main dans la main. De Gaulle et Adenauer peuvent être fiers de ce que les deux peuples ont fait de ce traité. Nous, nous leur en sommes reconnaissants et devons le rester.

Alors oui, il est nécessaire de refaire les papier-peints et les peintures, de remettre la pièce au goût du jour.

Le Traité de l’Élysée doit être renouvelé. La charge est plus facile aujourd’hui. Les acquis des 55 dernières années ont balayé les appréhensions légitimes des uns et atténué les clichés des autres. Le chemin parcouru est énorme, encourageant pour l’avenir. Le projet commun de résolution va dans ce sens : il doit accroître la relation franco-allemande par un travail parlementaire de fond.

Un Bundestag presque complet, un tonnerre d’applaudissements, standing ovations pour nos députés et pour François de Rugy, Président de l’Assemblée Nationale.

Le signe est clair, la volonté politique est affichée. Elle est réciproque alors, de Rugy tenant son discours en allemand devant les parlementaires du Bundestag et le gouvernement allemand. Merkel en première ligne. Le message de Rugy est franc, direct : il s’agit de préparer ensemble l’avenir dans la continuation de l’esprit de 1963. Les quatre groupes parlementaires principaux ont voté la résolution.

Les deux extrêmes, celui de la Gauche, en partie,  et de la Droite, les populistes de l’AfD, n’ont pas apporté leur soutien et ont voté contre.

Il faut dire aussi qu’idéologiquement parlant, le parti populiste est contre-européen. Cela étonne peu, cela embarrasse cependant beaucoup de citoyens allemands. Beaucoup se sente dans l’obligation de se justifier. Cela n’est pas la peine car nous connaissons aussi le refrain.

« Nous célébrons l’amitié franco-allemande comme un don hérité de l’histoire ; c’est ce qu’elle est! »

Changement de décor et  d’ambiance. Wolfgang Schäuble se présente devant les députés français. Il intervient en langue française pour défendre la proposition commune de résolution, il rend la pareille à son homologue de Rugy. Schäuble, francophone et francophile ne déçoit pas.

Celles et ceux qui déçoivent, ce sont ces parlementaires français, grands absents dans les hémicycles lors de l’intervention du Président du Bundestag. Une attitude désinvolte, un manque d’intérêts, des contraintes de calendrier? Le thème de l’Europe ne semble pas avoir accroché l’attention des élus du peuple au point de leur faire admettre la nécessité d’être là sur un thème majeur. Nous sommes loin de l’engouement du discours de la Sorbonne de septembre dernier.

Chacun est libre d’apprécier à sa juste valeur, mais en toute honnêteté, il y a un décalage.

Revenons alors sur le message clé de cette intervention. Cette vision sur l’amitié franco-allemande se base sur du concret. Schäuble le dit haut et fort : « La politique doit s’appuyer sur les réalités. La politique est féconde si elle procède avec pragmatisme, sans perdre de vue sa capacité visionnaire« .

Il nous revient à tous, Allemands, Français, Bundesabgeordnete, et parlementaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat, de continuer à porter haut ce flambeau de l’amitié dans le respect mutuel de nos différences.

Les parlementaires allemands nous ont témoigné leur adhésion en toute humilité et avec beaucoup de solennité. Nous nous devons alors de les en remercier.

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