Macrons Reformpläne für die EU sind weitgehend tot. Monsieur Kornelius, en êtes-vous si sûr?

Macrons Reformpläne haben nirgendwo in der EU mehr Faszination geweckt als in Deutschland. Das mag der Grund sein, warum der Präsident nicht müde wird zu betonen, daß die Zukunft der Union einzig und allein von der Reformbereitschaft Deutschlands abhängt.

In der SPD hat er auch einen willigen Sekundanten gefunden. Aber das wird nicht reichen.(..). Macron weiß schon seit dem letzten Rat im Oktober, daß sich seine Europa-Vision so nicht verwirklichen läßt. Daran hat nicht etwa Angela Merkel Schuld, sondern Macron selbst.

Un journal d’une très grande renommée et intellectuellement si enrichissant. Et cet article !

Tout Français est en droit de se poser de nombreuses questions sur les critiques, objections que le projet de Macron suscite. Ces propositions concrètes sur la relance de l’intégration des institutions européennes, ces initiatives réfléchies sur la zone Euro, méritent-elles ce rejet si cinglant?

Pourquoi un telle effervescence médiatique quasi quotidienne dans la presse allemande? Quelles raisons poussent à  relancer systématiquement la polémique parfois avec une intonation fort revancharde ?

Cette opiniâtreté est-elle justifiée à défaut d’être raisonnable ?

Nous savons tous que l’Allemagne est la première puissance économique en Europe, personne ne le nie. Toutes réformes des institutions, toutes mesures pour intensifier l’intégration de la zone euro ne peuvent se faire sans ce partenaire.

L’espoir d’une France plus forte économiquement parlant, avec un chômage en baisse, des réformes concrètes renaît depuis Juin dernier. Une attente de presque deux décennies il est vrai … Cela demande du temps et le temps passe trop vite.

« Erstens spricht der Präsident immer von einer « Neugründung » Europas. Wer neu gründen will, braucht einen Vertrag. (…). Wer neue Verträge will, der will also ein anderes Europa: kleinteilig, fragmentiert, mit unterschiedlichen Geschwindigkeiten. Ausser Macron will das niemand. »

Les prises de positions et critiques sont louables. Aussi faudraient-elles qu’elles restent dans la logique d´une analyse pondérée, une analyse qui repose sur des critères indiscutables et vérifiables.

Macron veut approfondir l’intégration de l’Union européenne.

Une Union qu’il juge actuellement «trop lente, trop faible, trop inefficace (…). Seule une Europe forte peut faire face aux défis d’un monde globalisé ».

La Chancelière Angela Merkel a estimé que ces propositions pourraient former le socle d’une forte coopération franco-allemande. L’accueil de l’Italie, Espagne lui sont aussi favorables.

L’article n’est pas partial, il se range du côté des pays du Groupe Visegrad (Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie), opposés eux à toutes réformes. Rappelons le, ce sont bien ces pays qui ont refusé l’accueil des migrants. Ce sont eux qui prennent le contre-pied de règles élémentaires et communautaires : la liberté d´expression, la liberté de la presse, l’indépendance de la justice. Or, ce sont les fondements mêmes de l’Union Européenne. Ce sont eux aussi qui refusent l’Euro.

L’Europe, c’est l’Union de 28 pays. Pourquoi alors ne citer que ces quatre pays ?

Emmanuel Macron a eu l’occasion de rencontrer chacun d’eux lors d’échanges bilatéraux. Il a tenté de les persuader de refondre ensemble une Europe en lui redonnant âme et fierté. Sans résultats tangibles hélas.

Aussi eût-il plus louable de dénoncer ces politiques extrêmes, rigides, aux tendances dictatoriales parfois plutôt que de critiquer les initiatives de Macron d’une telle façon.

Si toutefois mon interprétation se révélait fausse, il n’en reste pas moins que la confiance entre La France et l’Allemagne prend ici une sacrée gifle en tenant de tels propos.

« Aber das wird nicht reichen. Im Gegenteil. Bruno Le Maires Reise verwundert sogar, weil Macron schon seit dem letzten Rat im Oktober weiß, dass sich seine Europa-Vision so nicht verwirklichen lässt. Daran hat nicht etwa Angela Merkel Schuld, sondern Macron selbst. »

Que le dynamisme et les initiatives de Macron surprennent les commentateurs et experts allemands reste discutable, voir même très discutable.

Ce sujet, il le porte à cœur, tout le monde le sait depuis des mois.

Un tel article et son titre ne peuvent que susciter l’interrogation : quel est le but recherché ? En quoi est-il offusquant qu’un ministre français s´entretienne avec les dirigeants des différents partis pouvant constituer éventuellement une nouvelle coalition ? Il ne s´agit que d´un dialogue ouvert entre partenaires partageant le même but, celui du renforcement de l´Intégration Européenne. Sur ce point, il y a, je crois, unanimité.

« Macron hat schon dreimal überzeichnet ? Der Präsident hat einen typischen Anfängerfehler begangen und die Gemeinschaftskraft der 28 (bald 27) Staaten unterschätzt. Mehr denn je gilt in der EU die Regel, die gerade ein Staatschef aus einem so dominierenden Land wie Frankreich beachten sollte: Wer die Kleinen missachtet, bekommt großen Ärger. »

Sur un point, Kornelius a bien raison de le rappeler : tout projet de réformes doit être discuté avec tous les membres de l’Union Européenne. Il le sera sans aucun doute. Ces propositions et ces visions feront l’objet de discussions intensives, il n’y a aucun doute.

Peut-être serait-il à ce stade nécessaire de rappeler que lors des dernières élections en France, ce furent des politiciens allemands, et non des moindres, qui se sont rendus en France pour consulter François, Emmanuel, Marine et les autres encore. La critique semble facile dès lors que la mémoire reste courte !

Pour ma part, j’ai le souvenir d’un accueil ouvert et intéressé, mais de critiques de notre part non. Une preuve de flexibilité à la française certainement.

D’une accusation d’ingérence des Allemands dans la scène politique française, chaque Français hausserait les épaules rien qu’à entendre l’absurdité. Kornelius pousse lui le bouchon beaucoup plus loin en accusant presque le gouvernement français d’ingérence dans le destin politique de l’Allemagne.

Si l’accusation est bien maquillée, elle n’en reste intellectuellement pas moins indigne et de bas niveau.

Puis-je me permettre de souligner cette résurgence du passé, cette sorte de réflexe anti-français, quel que soit le thème ou la raison. Une chose me semble acquise, ce type d’article fait tout, mais ne contribue certainement pas à renforcer l’amitié entre nos deux pays.

« Und drittens schwebt Macron eine Art europäischer Erweckungsbewegung für alle Mitgliedsstaaten vor. Die will er organisieren – L’Europe en Marche, sozusagen. Diese Idee ist deswegen brandgefährlich, weil der Präsident in die nationale Debatten-Agenda eingreift, möglicherweise mit Folgen für das Parteiengefüge mancher Länder. »

Le mouvement En Marche ! susciterait-il des craintes de ce côté du Rhin, les craintes d’un copier-coller prometteur ?

En Marche !, c’est la redéfinition de la proximité citoyenne dans la politique française.

Que nous nous réjouissons d’une plus grande adhésion ne peut que nous conforter dans notre démarche porteuse d’espoirs. Nous rêvons d’une Europe démocratique, sociale, solidaire et unie. Nous recherchons le dialogue avec les citoyens européens, notre histoire est si simple.

Kornelius, lui, ne semble pas en avoir encore saisi la portée. Laissons-lui le temps alors…

Lire l’article dans son intégralité (en langue allemande).

Auteur: Stefan Kornelius
Source: Süddeutsche Zeitung du 26 novembre 2017

 

2 réponses sur “Macrons Reformpläne für die EU sind weitgehend tot. Monsieur Kornelius, en êtes-vous si sûr?”

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