Airbus, une affaire juridique mais surtout médiatique. Wir sollten alle mal die Nerven behalten!

Der Franzose Fabrice Brégier ist bei Airbus für das Flugzeuggeschäft zuständig. Im Interview mit Jens Flottau spricht er über Korruptionsvorwürfe, Ambitionen und Elektro-Flieger…Im August 2016 teilte die britische Anti-Korruptions-Behörde Serious Fraud Office (SFO) mit, dass gegen den Flugzeugbauer wegen des Verdachts auf Bestechung, Betrug und Korruption ermittelt wird.

AIRBUS, un projet Européen en plein expansion sous divers regards attentifs surtout de la part de la presse Allemande toujours inquiète de l´influence que pourrait prendre l´État Français dans Airbus …

Dans le domaine politique, la France est également confrontée aux mêmes suspicions et méfiance de la part de certains médias. Dernier état de fait, les propositions du Président Macron pour refonder l´Union Européenne.

Reprenons si vous le voulez bien en détail cette longue interview et tentons d’apporter dans la mesure du possible des réponses aussi claires que possible aux diverses questions posées.

Fabrice Brégier le souligne : Airbus ne peut être que compétitif et réussir que si la France et l´Allemagne travaillent main dans la main.

Le dernier grand contrat obtenu aux USA en est une preuve indéniable : le groupe Indigo commande 430 avions du modèle 320neo. Monté essentiellement à Hambourg, tous les partenaires d’Airbus vont profiter de cette coopération européenne. Un succès collégial, devrions-nous nous plaindre ?

Alors oui, à lire les questions investigatrices du SZ, l’impression de chercher des poux dans la tête là où il n’y en a pas se fait ressentir fortement. Il faut absolument découvrir une différence, un litige dans le couple franco-allemand, le politique et le managérial. Dans quel but ?

L´affaire actuelle est plus compliquée que cette simple interview avec Fabrice Brégier sur les questions posées.

Certes, Airbus fait l´objet d´une enquête dans le cadre d’un soupçon de corruption, enquête menée aussi bien par les justices françaises que britanniques.

Le coupable médiatique semblerait lui déjà trouvé, ou je me trompe?

Fabrice Brégier: „Ich unterstützte den Ansatz, gegenüber den Behörden vollkommen Transparenz herzustellen. Wir müssen den Teams nun Zeit geben, um herauszufinden, ob es Verfehlungen gegeben hat.

Les enjeux semblent aller au-delà de la personne. Sans vouloir minimiser l’existence ou non de corruption chez Airbus, rappelons-nous que malheureusement ce problème n´est pas uniquement un phénomène des pays de l´Europe du Sud.  Les années 70 nous rappellent les nombreux scandales retentissants. L’Allemagne n’y a pas échappé aussi. Seulement voilà, les jeunes générations ne le savent pas forcément, les médias ne s’efforcent pas non plus de leur rappeler.

Disparue la corruption en Allemagne ?

D’après un rapport du Bureau Fédéral des Affaires Criminelles (BKA), les dommages macroéconomiques causés par la corruption sont immenses. Selon le BKA, 270 000 000 euros en Allemagne en moyenne au cours des cinq dernières années. Pour l’année 2014 seulement, le BKA annonce un minimum de 358 millions d’euro.

L’accusation …SZ: was ist Ihre Rolle dabei? Quel rôle jouez-vous?

Le sens investigateur de la question désigne déjà le coupable : le partenaire Français dans Airbus ! La réponse de Brégier esquisse une réplique consensuelle : « Mon rôle est de livrer le plus d´avions que possible, et à court et à moyen –long terme, de rendre le groupe plus efficace, plus rapide sur le plan numérique afin de de développer une stratégie de produits qui nous permettront de nous maintenir à la pointe.  »

Sur quoi exactement repose le soupçon de corruption?

Le Groupe « Airbus » offre à de nombreuses compagnies aériennes une offre financière si elles n’obtiennent pas les prêts nécessaires ou à des conditions très médiocres. Dans certains cas, des garanties de crédit à l’exportation sont utilisées. Selon les sources de l’industrie, l’État reçoit une prime dans la fourchette haute de pourcentage à un chiffre et, en retour, assume le risque de défaut sur les créances. L’instrument a été fréquemment utilisé juste après la crise financière.

Le ton très investigateur mène la dance : «Manche vermuten, dass eine große Intrige gegen Enders läuft, mit dem Ziel, ihn loszuwerden, und dass Sie dahinter stecken?“.

Une analyse bien hâtive, très journalistique, qui manque d’une certaine lucidité cependant.

Car c’est bien à la justice de déterminer et de trancher. Des sous-entendus bien malheureux, à la limite de l’indécence à laquelle une certaine presse à scandales nous habitue trop souvent.

Il faut retenir aussi cette réponse très émotionnelle de Brégier concernant ses rapports avec le Numéro 1 chez Airbus :

Fabrice Brégier : « Dans toute ma carrière chez Airbus, j´ai toujours été loyal envers Tom Enders. Au cours des 10 années j´ai accepté d´être son Numéro 2, même lorsque j´étais le Chef de Airbus. Et j´ai tout fait, pour mieux intégrer Airbus, apporter plus de balance entre Français et Allemands » « … ..

Cette réponse devrait mettre un terme aux sous-entendus dans les rapports Franco-Allemands et espérer qu´une certaine presse va s´inspirer de cette phrase: « Fidélité et loyauté entre partenaires » et cela avant de lancer des sous-entendus, accusations, rumeurs, mettant en cause les rapports Franco-Allemands qui sont depuis 70 ans basés non seulement sur l´amitié mais chose importante la confiance !

La valse des accusations et des allusions tourne, elle ne fait qu’envenimer cette atmosphère actuellement tendue.

Critiquer Emmanuel Macron est déjà loin, sans pour autant l’oublier pourtant, c’est maintenant le tour du deuxième manager hiérarchique du Groupe Airbus de passer à la casserole. On ne peut trouver de mot pour exprimer notre effroi et notre stupeur devant tant de fidélité et loyauté de Brégier.

« Wir sollten alle mal die Nerven behalten » Und einige Leute sollten nicht mit der französische-deutschen Zusammenarbeit spielen, die so fundamental für den Erfolg von Airbus ist“ (…)

Une belle phrase juste, pertinente qui passe bien dans le contexte des relations Franco –Allemandes : « l´Union Européenne ne peut réussir que si les Français et les Allemands travaillent main dans la main ».

Au-delà, cela vaut également l’Europe entière, Nous ne pourrons garantir cette paix depuis 70 années, parfois si précaire, que si et seulement si nous la garantissons ensemble.
Il faut souhaiter alors que les médias veuillent enfin comprendre l´importance de cette alliance pour l´avenir de la paix en Europe : l’amitié Franco-Allemande en est la garantie profonde. Inutile donc de ranimer les rancœurs avec des prétendues intrigues ou avec des plans machiavéliques.

Il est indiscutable que la corruption et les abus de pouvoir posent problème.

S’y attaquer est légitime, dans le cadre d’une coopération internationale mais aussi européenne. Rappelons simplement les réticences, dont celles de l’Allemagne sur le sujet, par exemple en transférant certaines compétences à une instance européenne.

Cependant, nous interpellons sur l’étrangeté, en matière de corruption industrielle, politique, de tourner un regard investigateur et soupçonneux essentiellement sur les pays du sud de l´Europe, comme l´Italie, Roumanie, Bulgarie et en particulier la France. Les moutons médiatiques allemands s’en donnent à cœur joie, mais oublient très souvent de ratisser dans leurs prés à défaut de balayer.

Alors laissez-moi espérer dans ce contexte que nos amis Allemands et Français ne se laisseront pas influencer par de tels articles, de tels propos et déclarations démagogiques pour remettre en cause l’amitié Franco-Allemande.

Ce serait simplement oublier cette main tendue de Conrad Adenauer et Charles de Gaulle, les pères de notre réconciliation indestructible !

Lire l’article du Süddeustche Zeitung

Auteur: Jens Flottau
Source: Süddeutsche Zeitung, édition du 10 novembre 2017

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