Ambitieux programme que de développer la marque européenne En Marche! Passer aux actes sera plus difficile qu’on ne le croit.

Introduire une marque sur un marché est une délicate opération qui nécessite beaucoup de compétence, de moyens, de temps, mais avant tout du bon sens. Chaque marketeur vous le dira. Inventer une marque politique européenne, celle d’En Marche !, relève du défi.


Le modèle En Marche ! est-il transposable sur le reste de l’Europe? Soyons clairs dès le départ : il ne peut en aucun cas s’agir d’une simple mise en scène politique. L’amateurisme n’y a pas de place.!

Quoi donc de plus logique que de se rapprocher de la méthodologie marketing pour mieux comprendre ce qui nous attend.

Un bon plan marketing doit rassembler quatre caractéristiques : la simplicité pour la communication, la précision à énoncer des objectifs précis et mesurables, le réalisme pour identifier les problèmes susceptibles de survenir et enfin l’exhaustivité.

Comme vous voyez, quatre mots clés qui conditionnent le succès ou l’échec d’une action mercatique.

Continuons ensemble notre bout de chemin avec l’énoncé de notre mission : un mouvement citoyen progressiste europhile. Clair et précis. Les plus ardents d’entre nous rajouteront encore transformiste, social-libéral, je laisse le syncrétisme de côté. Tout est dit.

Ceci étant, l’étape suivante consiste à faire un bilan de nos forces, de nos faiblesses. Les spécialistes parlent d’analyse interne. Prêtons-nous à cet exercice et tentons.

Nos forces ? Un mouvement du renouvellement citoyen, une adhésion très solide pour une société dynamique, moderne et apaisée, une couverture nationale et internationale, la proximité et la connaissance du terrain

Nos faiblesses ? Nous sommes jeunes, nous n’avons aucun capital de résultat,  Majoritairement, nous sommes issus de la vie civile, celle de tous les jours. Nous n’avons que très peu d’expérience en politique et voulons aller vite. Enfin, il faut être franc, au sens idéologique du terme, nos idées ne sont pas classables. La liste n’est pas exhaustive, elle est cependant suffisante.

Qui dit interne induit aussi externe : vous avez tout deviné !

Passons ensemble en revue opportunités et menaces. Deux mots qui sonnent dur qui désignent l’environnement dans lequel nous souhaitons évoluer : économique, sociétal, technologique, politico-réglementaire et socio-culturel. Vous voyez, le champ de bataille est vaste.

L’opportunité, c’est l’aspiration de nombre d’Européens à une Europe forte, unie et sociale, rassemblée autour d’un projet commun. C’est aussi la possibilité de séduire demain tous ces eurosceptiques, de les réveiller et de les réconcilier avec l’Europe.
Les menaces sont nombreuses, la liste est longue, je citerai les deux principales : l’extrême-droite et le populisme. Non, ne les sifflez-pas, comme Emmanuel dirait, combattez-les, en toute bienveillance. L’actualité m’impose d’évoquer également le régionalisme.

Le ton est donné, les pièces sur l’échiquier sont placées et attendent de jouer chacune leur rôle. Le cour magistral se finit déjà ? Oui, ou enfin presque.

Permettez-moi de vous donner un exemple concret comment tout cela peut s’articuler.

Ferrero est un nom que peu d’entre nous connait explicitement ; il s’agit d’une entreprise agroalimentaire italienne créée en 1946. En revanche, chacun de vous tous connait une de ses marques phares : Nutella. La fameuse et délicieuse pâte à tartiner.

Oui bien sûr, mais quel est le rapport ?

La marque est mondialement connue, chacun s’y identifie de suite, y associe des valeurs, des souvenirs, des sensations aussi. Français, Allemands, pour tous, sans exception, mais aussi bien d’autres. Elle remplit donc parfaitement son rôle : elle sert de repère et d’identificateur. Elle réunit les peuples autour d’une saveur.

Pourtant à bien y regarder, le Nutella allemand n’est pas le même que le Nutella français. La version germanique est beaucoup plus épaisse et consistante que son pendant en France, lui plus brillant et cacaoté. La marque adapte simplement le goût et la texture de son produit selon les pays ciblés pour une adhésion parfaite, sa ´stratégie est empathique.

Voilà donc le défi que nous devons surmonter!

Monter une marque en puissance, celle de la République En Marche!, chercher la différenciation et élaborer des promesses en Europe.

La sémiotique que nous devons développer ensemble aura ensuite pour mission de faire percevoir les valeurs et les attributs aux citoyens européens. L’empathie sera de mise, il nous faudra parler leurs langues, analyser leurs langages pour positionner et valoriser.

Cela requiert des compétences, des moyens, des appuis au-delà de nos frontières. Les jumelages entre comités est une bonne idée, ils ne suffiront pas cependant. Nous ne pouvons pas nous contenter de débats franco-français uniquement ou d’un simple copier-coller : nous irions à l’échec.

Notre force de proposition est énorme, mais devant le défi monumental auquel nous nous attaquons, nous devrons l’élargir. Notre atout est celui de la proximité sur le terrain. Parler la langue de notre locuteur devient donc un impératif pour décoder les oppositions idéologiques.

Commençons alors pourquoi pas avec une tartine de pain et un grand pot de Nutella…..

Une réponse sur “Ambitieux programme que de développer la marque européenne En Marche! Passer aux actes sera plus difficile qu’on ne le croit.”

  1. Très stimulant.

    Au sein des mouvements politiques il y a des spécialistes du « marketing politique », donc au QG parisien d’En Marche – mais ces derniers se focalisent, c’est bien normal, sur la France.

    L’association Europe en Marche réfléchit sur l’expansion du mouvement en Europe, mais ne dispose pas d’outils de réflexion de type marketing politique et ne connaît pas non plus le cas précis de chaque pays européen.

    Une idée : faire un séminaire dédié à cette approche marketing pour l’Allemagne, en associant bien sûr des spécialistes du marketing/du marketing politique + les comités En Marche Allemagne intéressés + d’autres Comités En Marche intéressés (pour ma part je suis active dans un Comité en Marche à Bruxelles, professionnellement active dans les affaires européennes en tant que secrétaire générale d’une fédération professionnelle européenne, j’ai donc une certaine visionné connaissance des institutions UE, et je pourrais m’impliquer dans ce « projet » EM Allemagne comme correspondante de mon Comité à Bxl);

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