Renforcer l’implication des salariés à la gouvernance des entreprises : une nécessité ?

Les ordonnances sur la réforme du code du Travail sont signées. Les prochaines mesures sur la réduction des cotisations sociales, sur l’assurance chômage et sur la formation professionnelle suivront dans les prochains mois, tel est le calendrier du projet En Marche!. L’implication des salariés à la gouvernance des entreprises est-elle une nécessité ?


Emmanuel Macron a signé les ordonnances, le Code du Travail a un nouveau visage. L’objectif principal est de relancer l’embauche en France en décomplexant nombre de procédures et en minimisant de nombreux risques.
Le péril cependant est de pérenniser une précarisation des emplois déjà existante et d’impacter une partie des salariés les moins qualifiés.

Il y a donc matière à réfléchir, sans aucun doute.

Le travail n’a pas uniquement un coût, il n’est pas une simple marchandise, un simple achalandage sur l’étagère du supermarché du travail. Il est avant tout une puissance créatrice à développer, à inventer. Le travail génère des idées, donc des emplois en suivant. La force du travail contre la force des capitaux.

Clivage vous dîtes? Reconnaissez-vous donc pas une certaine similitude avec une certaine idée de la politique en France, du moins jusqu’en juin dernier ?

Oui, en effet, vous avez parfaitement raison !

Si ,ensemble, nous avons réussi le retour du citoyen au cœur de la démocratie, pourquoi alors ne pas réfléchir aujourd’hui au retour du travailleur sur l’échiquier de la décision? À moyen terme, la révolution informationnelle nous y obligera et contraindra à démocratiser l’entreprise. Les réseaux sociaux, comme Facebook, Twitter & Co. Laissent présager ce que le futur sera.

Pour mieux comprendre, les salariés et les actionnaires pourraient faire entendre leurs voix à égalité et travailler en parfaite symbiose. Que desservent les capitaux si la créativité et le savoir sont absents ? Et inversement ! Nous avons donc tout intérêt à favoriser et encourager l’implication des salariés dans la gouvernance des sociétés. Une plus grande représentativité des travailleurs et salariés dans les organes de décision dans les entreprises est une option sérieuse, utile et nécessaire. Le rôle ne doit pas se limiter à la simple consultation des travailleurs, il s’agit bien d’un rôle décisionnel, à arme égale.

L’implication, une idée purement philosophique ?

Non , la Suède et l’Allemagne nous montrent le concret de cette option. Elle est pratiquée depuis plusieurs décennies, avec succès.

Le débat est ouvert et devrait retenir notre attention dans les prochaines semaines. À bien y regarder, nous aurions tout intérêt à impliquer le salarié dans la gouvernances des entreprises. Cette adhésion marquerait la fin du clivage entre deux mondes, celui du capital et celui du travail. Elle favoriserait la pérennité des transformations de la France et en conforterait leur réussite.

Il va y avoir pas mal de travail dans les comités locaux En Marche!, qu’on se le dise…

2 réponses sur “Renforcer l’implication des salariés à la gouvernance des entreprises : une nécessité ?”

  1. Les ordonnances « Loi Travail » vont permettre de simplifier et d’amplifier considérablement la représentation des salariés dans les TPE et PME.

    Par contre, peu de changement dans la gouvernance des grandes entreprises. Le MEDEF est à priori très défavorable à l’introduction de représentant des salariés dans les Conseils d’Administration (CA). C’est pourtant une mesure phare, qui permettrait d’impliquer réellement les salariés dans la stratégie de l’entreprise et de la faire sienne.

    Nous pourrions imaginer une minorité de blocage pour les représentants de salariés.

    Et une autre mesure, qui serait dans la logique philosophique de LREM, serait d’exiger la parité dans les CA et autres comités directoires.

    Un des gros points de blocage dans les grandes entreprises françaises et la grande concomitance entre PDG et membres des CA. Monde obscur et ultra fermé qui est perçu très négativement par nos compatriotes.

  2. Tout comme l’inventeur, qui a l’audace de mettre son idée en application, l’investisseur qui prend le risque de croire en cette idée, les exécutifs qui la font fructifier, les travailleurs contribuent aussi au succès de l’entreprise et ont toutes raison d’aider à la pérenniser, pour peu qu’on leur donne la possibilité de s’exprimer et aussi d’en partager les fruits. Autant d’idée chères à Piketty, qui ne demandent qu’à être appliquées.

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