Français de l’Étranger, l’été est chaud, la valse des coupes budgétaires bat son plein…

Beaucoup d’entre nous est en vacances, le théâtre politique lui ne l’est pas. La prochaine rentrée risque de surprendre très désagréablement sans que nous puissions aujourd’hui en mesurer la température.

Le gouvernement a annoncé devoir faire des coupes budgétaires conséquentes en 2017 dans le respect des normes européennes. Il a réaffirmé à maintes reprises être en faveur du sérieux budgétaire. Cela peut surprendre, mais les Français de l’Étranger savent depuis longtemps que la Métropole vit bien au-dessus de ses moyens. Avoir un budget en équilibre et une dette contenue sont des sujets récurrents dans la politique économique en Allemagne. La législature en cours à Berlin en apporte une preuve tangible.

Le gouvernement a décidé d’annuler plus de 165 millions d’euros de crédits de paiement inscrits au programme “action extérieure de l’Etat”, dont dépendent les Français de l’étranger. Le décret N°2017-1182 est paru au Journal Officiel le 20 juillet 2017, une parution passée presqu’inaperçue.

La mission “action extérieure de l’Etat” est composée de trois postes de dépenses appelés programmes:

  • action de la France en Europe et dans le monde ;
  • diplomatie culturelle et d’influence ;
  • Français de l’étranger et affaires consulaires.

Ces missions couvrent des domaines variés comme le financement du réseau des Alliances françaises et instituts culturels français à l’étranger, les subventions de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (ou AEFE, gestionnaire du réseau d’établissements français à l’étranger) et le fonctionnement des ambassades et des consulats.

Cette coupe budgétaire a fait peu de bruit il est vrai.

Celle à hauteur de 300 millions que les collectivités locales devront supporter passe médiatiquement mal et provoque  des ondes d’inquiétudes. Normal me direz-vous, l’impact est plus important car elle touche de nombreux concitoyens en Métropole.

À bien comparer, les 1,8 millions que nous sommes, répartis sur tous les continents, supportent un bien plus lourd fardeau qu’en Métropole. Le sentiment d’être désabusés est grand alors même que les FdE ont été ceux qui ont plébiscité Emmanuel Macron à plus de 92% des suffrages exprimés.

Le risque d’une désorganisation de l’enseignement de la langue française dans le monde et des services fournis aux Français de l’étranger est bien là. Il s’agit de deux thèmes très sensibles cependant, qui sont loin d’être marginaux.

Certes, ces coupes budgétaire ne concernent que l’exercice 2017. Il s’agit principalement de positons non engagées et donc dormantes. 2018, c’est aussi dans cinq mois, le temps passe vite. Que nous réserve le prochain exercice ?

Difficile de préjuger aujourd’hui. La logique budgétaire serait de couper les dotations.

Monsieur Le Drian a précisé le 2 août dernier qu’il s’engageait à ce que l’aide à l’AEFE soit maintenue au niveau où elle est. Il déclarait par ailleurs qu’il existe bel et bien un interlocuteur pour les Français de l’étranger en la personne de Jean-Baptiste Lemoyne. Il nous reste la maigre consolations de savoir que nous, les expatriés , constituont une force et une capacité d’attractivité considérable pour la France…

QUELS SONT LES ENJEUX?

L’action du gouvernement est bien évidement de rapprocher la France de ses expatriés, cette proximité tant déplorée. Ses efforts passent par une rationalisation des méthodes et des moyens pour une meilleure efficacité aussi bien sur le terrain qu’en termes de coûts et de budgets. Travailler sur une meilleure représentativité permettra de mieux comprendre les enjeux et la complexité d’être Français de l’Étranger. Cela veut dire aussi être mieux accepté , reconnu et moins marginalisé.

Nos représentants consulaires et parlementaires constituent un maillon essentiel dans ce scénario. Ce sont eux qui montent et défendent un budget équilibré et efficace pour nous tous, expatriés.

À bien y voir, aucun député LREM des Français établis hors de France n’est intervenu à temps ou encore efficacement pour dénoncer ces annulations de crédits avant le 2 août dernier.

Il nous revient de les interpeller rapidement et de leur rappeler ce que nos bulletins de vote ont exprimé en leur donnant notre confiance en Juin dernier. Il semble ici qu’il y ait un certain déséquilibre au regard du résultat.

L’été est chaud, l’automne risque de l’être aussi.

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