Réformer, c’est devoir aussi accepter d’en prendre plein la figure!

La valse à quatre temps tourne vite, très vite. Alors même que l’Assemblée Nationale débute en deuxième lecture l’étude du projet de loi de la moralisation de la vie politique, l’équipe d’Emmanuel Macron cogite sur la réforme du Code du Travail. La calendrier est fixé : le 20 septembre 2017, ce projet de loi sera adopté en Conseil des Ministres.

Deux axes d’action et de réflexion convergeront vers le même but. D’un côté l’aval des députés pour réformer par ordonnance, de l’autre, des consultations intenses et constructives avec les partenaires sociaux. L’occasion leur a été donnée de marquer les lignes rouges à ne pas franchir.

Cet acquis étant, nombre de dossier ont été mis sur la table : le plafonnement des indemnités prud’homales, la décentralisation de la négociation collective vers l’entreprise, la refonte des instances représentatives du personnel, les relations entre les branches professionnelles et les entreprises, réforme du droit du licenciement économique. Au-delà de cela, le compte « pénibilité » a été revu et corrigé pour être rebaptisé compte de prévoyance. Enfin, s’inspirant de l’expérience acquise depuis 1970 dans le Bâtiment et les Travaux Publics, le CDI de projet voit sa généralisation avec cette réforme.

Cette convergence peut surprendre aujourd’hui. Chacun de nous a encore en souvenir les débats houleux à l’Assemblée et les manifestations monstres alors que l’ex-ministre du Travail, Myriam El-Komri soumettait son projet de réformes. Les blessures sont encore fraîches et pas forcément cicatrisées.

Le gouvernement d’Édouard Philippe serait-il en passe de réussir là où le gouvernement précédent a échoué ?

Sur le fond, cette réforme se révélerait être très audacieuse car elle va loin, très loin : un véritable « chamboule-tout » . La forme et le ton ont changé, ce sont les raisons principales. La démarche est fondée sur le respect et la concertation.

Le gouvernement consulte, s’informe, il concerte. Il cerne les limites à ne pas franchir d’un sujet à l’autre pour mieux les respecter ensuite. Les partenaires sociaux ressentent de la considération, cet élément de cohésion entre les organisations syndicales et patronales. Le temps de se voir imposer des dispositions sans concertation préalable  s’éloigne à grands pas de nos esprits.

Redonner confiance aux partenaires sociaux pour mieux fixer ensemble les règles du jeu du travail est un enjeu majeur. Se libérer de la tutelle de la loi et de la branche permet une action plus efficace sur le terrain, face aux réalités de la vie de l’entreprise. Il n’y a pas d’uniformité dans le monde de l’entreprise, bien au contraire. Renforcer le dialogue social au plus près du terrain permettra aux salariés de peser sur les décisions dans l’Entreprise. On assistera ainsi à leur retour au cœur de la vie économique, similaire à celui du citoyen au cœur de la vie politique. La loi et la branche conservent ensemble un rôle de protection..

Décrasser le Code du Travail est une véritable nécessité, simplement parce que les temps ont changé. Il est loin le temps où la relation entre l’employeur et le salarié restait déséquilibrée et inégale, le tout-puissant contre le démuni.  Le Code du Travail doit œuvrer pour l’Emploi et non contre. Rendre l’Employeur confiant dans sa démarche entrepreneuriale permettra de confirmer le salarié dans son emploi et d’offrir à tous les deux les ingrédients de stabilité et de développement.

Soyons francs : l’économie de la France a besoin de ce vent de réformes.

Cette impulsion ne peut et ne doit pas s’arrêter. Il faudra aller plus loin et toujours plus loin.

Dégrossir, simplifier, s’adapter nécessite une discipline et une volonté de fer, quitte aussi à devoir en prendre plein la figure si besoin est. Mais à la fin, nous profiterons grandement de ce mouvement, tous, y compris les réticents et les détracteurs d’aujourd’hui.

 

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