Représentation nationale : mères et pères au foyer, chômeurs, agriculteurs, ouvriers, retraités, mais où êtes-vous donc?

Alors que le débat sur le projet de loi pour la confiance dans notre vie démocratique aura lieu à l’Assemblée Nationale à partir du 24 juillet 2017, un regard critique s’impose.

Une assemblée est le reflet de la composition de notre société, cela implique légitimement la représentation de toutes les différentes couches sociales. À bien y regarder, devoir est de constater que ce contrat moral et citoyen n’est pas rempli.

Certes, l’Assemblée Nationale a rajeuni et a été complètement renouvelée en Juin dernier. Il ne faut cependant pas oublier ce manque d’adhésion de nombre d’électeurs qui ne se sont pas prononcés, un  taux d’abstention record.

Le risque aujourd’hui est celui d’une perception erronée de la représentation nationale, celui d’une assemblée de cadres, de professions libérales, de privilégiés voire même de clientélisme. Un danger que nul d’entre nous ne doit ignorer car il peut livrer des arguments à ce populisme que personne ne veut, mais qui est bien là, en France tout comme en Europe.

Bien au-delà de cette considération, qui mieux qu’une mère au foyer, qu’un retraité ou qu’un chômeur peut décrire ses difficultés de tous les jours et y trouver des solutions adéquates et pérennes? Une meilleure représentation est un excellent moyen de lutte contre les conflits d’intérêt. Notre république dispose d’un potentiel énorme en termes d’idées, d’innovations qu’elle ne sait pas mettre à son profit.

Comment donc inciter et motiver ces absents d’ aujourd’hui à être les parlementaires de demain ?
La République a un devoir, celui d’ encourager le parcours citoyen vers la vie parlementaire.

Soutenir le citoyen à s’investir dans cette voie, cela induit d’accompagner son engagement par des mesures en termes de retour vers la vie civile et de réintégration. Le fonctionnaire peut se mettre en disponibilité, un ouvrier ne le peut pas en revanche, une inégalité flagrante en soi.

La peur de la précarité après la mandature nécessite donc de donner des garanties. Le soutien financier dégressif d’aujourd’hui ne suffit pas. La France jouit d’une excellente expérience, celle des mesures de protection de la femme enceinte au travail dont la République pourrait aisément s’inspirer. Le maintien du contrat de travail pendant la législature, le droit à la formation et de réintégration professionnelle après la mandature sont des mesures concrètes.

Se porter candidat a un coût substantiel qui n’est pas évident à assumer pour tous.

Chaque candidat doit imprimer à ses frais ses propres bulletins de vote et sa profession de foi. Cet investissement n’est pas la garantie du succès, loin de là. Recueillir moins de 5% des suffrages exprimés signifie en être de sa poche.

Les grands partis politiques couvrent ces frais en se portant garant auprès des prestataires, ce n’est pas une obligation cependant. Ce risque financier n’est pas à négliger, certains candidats peuvent l’assumer, le citoyen chômeur, retraité ou au foyer certainement moins. Qui plus est, ces contraintes financières réduisent de beaucoup les possibilités de voir émerger de nouvelles candidatures essentielles au renouvellement politique.

Devant la Constitution, chaque citoyen a les mêmes droits et les mêmes devoirs.  Nous cultivons ici une autre inégalité, moins perçue certes, mais bien réelle.

Le sujet de la moralisation s’est imposé dans le débat politique dès le début des deux campagnes de Mai et Juin derniers. Le projet de loi soumis au vote à partir du 24 juillet 2017 présente une refonte du système politique en France en imposant des règles claires et transparentes.

À bien y regarder cependant, l’audace n’est pas forcément au rendez-vous : il manque à ce projet le thème de l’accessibilité à la députation pour tout citoyen. Un accompagnement républicain dans le parcours du député citoyen s’impose. Or c’est bien là que la République puise son essence. Voir émerger de nouveaux mouvements nécessaire est indispensable au renouvellement de la vie politique.

Retrouver tous les détails et la synthèse de notre atelier du 22 juillet 2017 pour la confiance dans notre vie démocratique sur le site officiel du Comité En Marche! Elbe-Hamburg

 

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