La flexibilité: une vertu à redécouvrir en toute sécurité ?

À la veille des élections législatives – le 1er tour est dans une semaine pour les Françaises et les Français de l’Étranger -, le nouveau gouvernement aborde la rénovation du monde du Travail dans les prochains jours.

Sujet sensible, à défaut d’être tabou, économiquement nécessaire et ô combien pluridisciplinaire.

Chacun recherche dans son travail une reconnaissance de ses compétences et une sécurité. Tout au long de sa vie professionnelle, le parcours vécu s’assimile sensiblement à celui du combattant. Toutes les couches socioprofessionnelles sont concernées.

45 années séparent en principe la fin de sa scolarisation de la retraite. Restons sincères, qui peut prétendre aujourd’hui avoir passé tant de temps dans la même branche et le même corps de métier et représenter une majorité de travailleur ? Les générations d’après-guerre et du baby-boom sans aucun doute pouvaient le prétendre ….

La vérité est que le salarié d’aujourd’hui doit faire preuve d’une très grande flexibilité durant toutes ces années : le parcours linéaire n’existe plus !

La première flexibilité consiste à s’adapter aux contraintes du marché de l’Offre et de la Demande en acceptant de travailler plus quand le carnet de commandes de l’entreprise le rend nécessaire, en acceptant également devoir moins travailler, subir un chômage partiel et accepter un salaire moindre le cas échéant.

La deuxième relève de la formation professionnelle. Un métier évolue au fil du temps, se métamorphose, disparaît éventuellement pour renaître de ses cendres différemment. La technologie créée de nouvelles professions requérant de nouvelles compétences, créant de nouveaux besoins.

La troisième est géographique. La mondialisation exige des entreprises françaises d’être présentes sur de nombreux marchés, qu’ils soient industriels ou commerciaux. La flexibilité géographique induit le déplacement, le déracinement parfois, et la maîtrise implicite d’une langue, voire de plusieurs. Les Français de l’Étranger connaissent parfaitement cette situation.

Pour réussir, le travailleur et le salarié investissent dans leur avenir en se formant, en apprenant, en se réorientant professionnellement, et ce dans un cycle continu.  Son cahier des charges est épais et ne trouve son épilogue qu’au départ à la retraite.

Donner induit cependant aussi recevoir. Aussi  le salarié doit-il être accompagné tout au long de ce long chemin par une sécurité, une sorte de filet de protection.

Celle du dialogue retrouvé au sein de l’entreprise, quelle que soit sa taille. La sécurité d’être repêché en cas de défaillance de l’un ou de l’autre, de pouvoir remonter en selle sans être montré du doigt, de revenir en Métropole sa mission terminée. Celle de pouvoir entreprendre, de créer l’innovation et de produire la plus-value. Celle aussi d’affronter sereinement la précarité parce que protégé.

Le modèle allemand, si souvent cité en référence, doit son succès à la base à des réformes courageuses du chancelier Schröder en 2003 avec son programme Agenda 2010. Les acteurs industriels ou commerciaux Outre-Rhin ont retrouvé leur compétitivité grâce à la flexibilité salariale au niveau des entreprises. L’envers du décor est cependant une précarité grandissante. L’Allemand entretient cependant la culture du compromis.

Le programme d’En Marche !, en termes de Travail et Emploi, nourri par un immense effort collectif de réflexion des Marcheurs, remet en cause un grand nombre de principes franco-français en la matière. Il initie courageusement des réformes structurelles majeures et met la flexisécurité au centre de ses priorités, et ce, avec pragmatisme.

Il nous revient aujourd’hui de lui en donner les moyens législatifs les 4 et 18 juin prochains pour y réussir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *